En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

CATHOLIQUES FRANÇAIS EN QUESTION(S)

Publié le Dimanche 25 mars 2007

Malgré leur défaillance pour la dernière élection présidentielle, les sondages fleurissent sans attendre le printemps, pour celles de l’an 2007.

Mais la technique du sondage n’est pas réservée à la vie politique. La magazine Le monde des Religions a demandé à l’Institut d’études CSA de « tester » le catholicisme français, enquête réalisée sur un échantillon de 1021 personnes se déclarant catholiques (18-31 octobre 2006) : Les catholiques français, qui sont-ils ? une mutation radicale (le Monde des Religions n° 21, janvier-février 2007). Ce sondage est significatif par lui-même, plus encore si on peut le comparer à d’autres enquêtes comme celle CSA/La Croix parue pour Noël 2004, dans la mesure où les questions sont comparables.

Quels catholiques ?

La question posée par le sondage vise une définition sociologique. Est catholique celui qui se considère comme tel. « Quelle est votre religion si vous en avez une ? » Réponse : 51 % de catholiques. L’enquête de 2004 fournissait une réponse à 64 %. Mais la question était différente, soulignant l’appartenance : « A quelle religions appartenez-vous ? ». Il reste que le pourcentage de 51 % ne peut être récusé. Il est intéressant de voir préciser ce qui concerne la pratique (messes ou offices religieux) et la prière. Ne pratiquent jamais : 6 %. Uniquement pour les cérémonies (baptêmes, mariages enterrements) : 46 %. Pratiquants occasionnels (Noël, Pâques, grandes fêtes : 31 %. Pour les pratiquants qu’on appellera réguliers, il y aura ceux qui pratiquent une ou deux fois par mois (9 %) et une ou plusieurs fois par semaine (8%). Qui sont ces derniers ? peut-être une « minorité fervente ». On voit ainsi apparaître le terme de « minoritaire » appliqué aux catholiques d’une France qui fut « Fille aînée de l’Eglise » . On peut ajouter également « fervente » car l’enquête fait apparaître une pratique de la prière supérieure de 5 points à la fréquentation habituelle de la messe avec 16 % de priants par jour. La pastorale comme les publications doivent tenir compte de cette attente. Le CETAD le fait avec une méditation proposée chaque semaine.

Que croient les catholiques ?

La question était posée très largement : « croyez-vous que Dieu existe ? » ; la réponse correspond au chiffre de ceux qui se considèrent comme catholiques (51 %) : 52 % catholiques croient en Dieu, « c’est probable » 26 %, « c’est sûr » 26 %. Il ne faudrait pas cependant mal interpréter la réponse de « ceux qui ne savent pas » 31 %. Car ce peut être le doute qui a sa place reconnue aujourd’hui dans la foi. La réponse absolument négative est seulement de 17 %. Au-delà de cette distinction importante il y a la question posée uniquement aux 52 % de catholiques qui affirment que Dieu existe. Cette question peut paraître discutable dans sa formulation. « Si Dieu existe, comment le voyez-vous ? » Faut-il en effet parler de « voir ». Il eut mieux valu demander « quel est le visage de ce Dieu auquel vous croyez ? ». Mieux encore : « Comment parle -t-on de ce Dieu des catholiques ? », d’autant que les deux formulations proposées pour la réponse, ne sont pas très « catholiques » ! « Comme une force, une énergie, un esprit » : 79 % de oui, « comme un Dieu avec qui je peux être en relation personnelle ? : 18%. Il eut mieux valu demander « comme une force spirituelle ? ». Il s’agirait alors de l’Esprit et non d’une énergie de tous les ésotérismes. Quelle eut été alors la réponse ? Une question trop générale ne peut pas susciter de réponse significative. Pour ce qui est de souligner « une relation personnelle avec Dieu » elle n’est pas pertinente pour une théologie chrétienne qui affirme (ce n’est pas la même chose) la relation de Dieu avec l’homme jusque dans l’Incarnation et la divinisation de l’homme.

C’est un même flou qui empêche d’avoir des réponses significatives, que l’on retrouve avec la question « selon vous qu’y a-t-il après la mort ? ». On pourra se rassurer en constatant qu’il y a 74 % de catholiques pour penser que la mort n’est pas la dernière étape de la vie. Mais sur ce chiffre 53 % répondent seulement : « il y a quelque chose mais je ne sais pas quoi », 10 % seulement indiquent la résurrection des morts mais presque à égalité la réincarnation sur terre dans une autre vie (8 %). Nous retrouvons donc cette minorité de 10 % soulignée plus haut pour la foi des catholiques du 21e.

Quelques autres questions

Certaines réponses, fonction des questions posées, sont celles que l’on pouvait attendre. Un plus grand nombre (64 %) dit croire aux miracles , que ceux qui affirment la résurrection du Christ (58 %). Mais qu’est-ce qu’on entend par miracle ? ceux de Lourdes, ceux de Jésus durant sa vie , ou miracle fondamental de la résurrection du Christ lui-même ?

Pas de surprise pour la question du mariage des prêtres , ou des femmes prêtres, réponse favorable à 81 % et 79 %. N’aurait-il pas fallu une formulation plus juste ; « l’ordination d’hommes mariés » « l’ordination des femmes à tous les ministères » ?

Beaucoup plus intéressantes sont les opinions sur l’Eglise catholique et les religions. Pour ce qu’on appelle le dialogue inter religieux (il faudrait parler d’abord de « rencontre entre les religions »), il apparaît comme quelque chose d’important (57 %) et même une priorité (23 %), ce qui fait un total de 80 %. Comment dire qu’il y a 90 % de réponses plus que discutables ou insuffisantes ! Mais les questions étaient-elle bien posées ? « Avec laquelle de ces opinions êtes-vous le plus d’accord ? que signifie ce « plus d’accord » ? « Toutes les religions se valent » ; réponses positives : 39 %. Ce relativisme absolu est l’angoisse de Benoît XVI depuis 1968. Il ne permet aucun approfondissement de la difficulté de la question.

Suffit-il de dire « qu’on trouve des vérités dans les différentes religions, même si elles ne se valent pas » ? Les théologiens catholiques ont tenté de reconnaître les approches », les « semences » qu’on pourrait trouver dans les autres religions ; mais pourquoi parler encore de valeurs des religions en laissant supposer que la religion catholiques est celle qui vaut le plus ? C’est le sondage lui-même qui apporte sa réponse ; il est demandé de ratifier ou non : « le catholicisme est la seule religion qui soit vraie » ; il n’y a que 7 % de réponses positives. La relation des catholiques à une Vérité, seule vraie, a changé. Cette remise en cause d’une monopolisation conquérante ou installée du christianisme est la bonne nouvelle du sondage. Le temps des Croisades et de la Chrétienté est passé, fut-ce au prix d’un christianisme se retrouvant minoritaire.

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