En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Scout, toujours

Publié le Jeudi 26 juillet 2007



Le jamboree mondial du scoutisme, ouvert par la reine Elisabeth II à Londres le 27 juillet 2007, fêtera le 100e anniversaire de la fondation du scoutisme par Lord Baden Powell. Celui-ci, officier britannique, s’était fait remarquer pendant la guerre des Boers. En 1900 assiégé dans la ville de Mafeking par 3000 soldats, il a l’idée, pour compenser le manque d’effectifs, d’utiliser les jeunes de la ville comme messagers, observateurs et éclaireurs (scouts). A son retour triomphal en Angleterre, nommé général par la reine Victoria il publie Aids to scouting, un livre destiné aux militaires, qui a un large succès auprès des éducateurs des quartiers populaires de Londres avec leur jeunesse désœuvrée. « Je me mis à l’œuvre pour transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d’apprendre aux jeunes à faire la paix. Le 29 juillet sur l’ile de Brownsea s’ouvre le premier camp scout et l’année suivante paraît Scouting for boys ouvrage fondateur du scoutisme (Eclaireurs, Bureau mondial du scoutisme, 320 p., 1899)

Pour le 100e anniversaire, 40 000 participants sont attendus à Londres, avec des jeunes de 14 à 17 ans venant de 150 pays. Des manifestations diverses ont anticipé l’événement. Le 1er juillet 2007, 15 000 scouts se sont retrouvés sur le Champ de Mars à Paris, bariolé aux couleurs des chemises jaunes, bleues, rouges, vertes, bleues pales et beiges : Scouts et Guides de France, Scouts d’Europe, Scouts unitaires de France, Fédération des Eclaireurs et Eclaireuses unionistes, Eclaireurs Israélites de France, Eclaireurs Neutres de France, Scouts Musulmans. Le 1et Août, date anniversaire du scoutisme, Scouts et anciens Scouts, sont appelés à se retrouver à l’aube, sur un lieu élevé proche de chez eux, pour renouveler leur promesse scoute. Lors de l’Assemblée du désert, rassemblement protestant annuel, début septembre, au Mas Soubeyran, il sera rappelé comment sont nées en 1911 les troupes d’ « Eclaireurs Unionistes » puis « Eclaireurs » avec les crises des mouvements de jeunesse (18968), et pour les Eclaireur(e)s Unionistes la difficile identité protestante et non confessionnelle, ouverture pour l’avenir proposé par Qohelet (11,9 –12,1) « Toi qui es jeune, profite de ta jeunesse, sois heureux, fais tout ce que tu désires. Et n’oublie pas celui qui t’a créé ».

Cette référence biblique pour les « Eclaireur(e)s » unionistes pose la question controversée de la dimension spirituelle et confessionnelle du scoutisme. Eduardo Missoni secrétaire général de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) rappelait une évolution caractéristique, lors d’un colloque organisé en mars 2007 au Conseil Economique et Social pour le centenaire du mouvement : « La partie religieuse du programme venait en plus du programme scout, durant de nombreuses années ». mais il faut revenir à l’intuition de Baden Powell. Il n’a jamais voulu rattacher le scoutisme à une confession particulière. Pourtant dans Eclaireurs, le livre fondateur du scoutisme, Baden Powell évoque la dimension spirituelle du scoutisme : »un homme n’est pas grand chose s’il ne croit pas en Dieu et n’obéit pas à ses lois. Aussi bien, chaque éclaireur doit avoir une religion…Le point essentiel est que tous adorent Dieu quoique de différentes façons. « Le scoutisme n’est pas « interconfessionnel » mais « pluriconfessionnel » peut préciser le P. Jean-Marie Mallet-Guy, aumônier général des Scouts et Guides de France à l’heure du centenaire.

Pour ce qui est des liens du scoutisme avec le catholicisme français, le P. Jacques Sevin, jésuite, a joué un rôle déterminant. Anglophone et anglophile, passionné par la pédagogie, il s’intéresse dès ses débuts et rencontre Baden Powell le 30 septembre 1913. Dans un premier ouvrage Le Scoutisme. Etude documentaire et applications il s’attache à montrer combien l’intuition de Baden Powell correspond profondément à la vision chrétienne de l’homme. Dès la fin de la Grande Guerre la fondation des Scouts de France avec le chanoine Cornette. Dès 1912 le père du Scoutisme catholique fonde la Conférence Internationale Catholique du Scoutisme. Malgré la réticence d’une partie de l’épiscopat français et de Rome, le P. Sevin obtient l’approbation du scoutisme par Pie en 1924. Qui plus est, une permission spéciale autorise les Scouts à célébrer la messe en plein air avec un autel portatif. Le P. Sevin créé à Chamarande dans l’Essonne, un camp école où il formera les chefs et cheftaines du Scoutisme français. En 1933, à cause de querelles de personnes, le fondateur des Scouts de France devra quitter le mouvement. Il deviendra alors le fondateur d’un ordre contemplatif engagé auprès des jeunes, la Sainte Croix de Jérusalem. En visitant la Maison-Mère il mourra en 1951. Baden Powell avait dit du Père Sevin qu’il était « le meilleur traducteur de sa pensée » à savoir « mettre en pratique dans la vie et les ailes de chaque jour et non seulement à en professer les doctrines le dimanche « En outre le P. Sevin aura donné au scoutisme catholique ses bases : prière, loi scoute, promesse à partir de Baden Powell et de saint Ignace de Loyola ; la croix potencée de Jérusalem sur laquelle il appose la fleur de lys, emblème d’origine du scoutisme.

Le scoutisme catholique en France a connu des scissions et confusions. En 2004 c’est en effet la fusion des Scouts de France (fondés en 1920) et des Guides de France (fondées en 1923) après une longue réflexion sur mixité et pédagogie (60 000 adhérents) Les Guides et Scouts d’Europe fondés en 1958 comptent aujourd’hui 26 000 membres. Enfin les Scouts Unitaires de France, nés en 1971 qui souhaitent conserver la pédagogie unitaire avec une seule branche pour les 12-17 ans (20 000 membres). Les Scouts et Guides de France ont lancé une grand enquête sociologique intitulée Ensemble pour un monde différent. Selon le sociologue Marc Uhalde qui a dirigé l’enquête, il y a une grande homogénéité du recrutement du mouvement. Les familles touchées par le scoutisme, s’insèrent dans un tissu serré des relations locales, sociales. Mais l’image du mouvement a une certaine plasticité, de manière positive. Avec pour « pub » des Scouts et Guides de France « Intégrez la plus belle école de management de la France ». Le scoutisme est toujours vivant. « Scout, toujours ».

PJ 7 juillet 2007

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