En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Quelle école catholique ?

Publié le Vendredi 12 octobre 2007


L’école catholique rend un service public
Toutes les écoles sont interrogées à l’heure de la rentrée scolaire. Mais pour cette rentrée 2007 septembre des questions particulières se posent à l’école catholique en France. Celle-ci accueille plus de 2 millions d’élèves, soit 16,61 % des élèves scolarisés, 13,3 % dans le primaire, 20,90 % dans le secondaire, 30 % dans l’enseignement agricole, dans 8 139 établissements, avec 139 000 enseignants. L’école catholique représente en fait l’essentiel du système privé.

Au-delà de ces chiffres, il faut aussi souligner, comme l’ont montré des enquêtes précises, qu’au cours de leur scolarité, un nombre significatif d’élèves fréquentent les deux systèmes existant en France, passant tantôt du privé au public, tantôt l’inverse. C’est ainsi, par exemple, que le système privé joue souvent une rôle de rattrapage et de remise à niveau d’élèves en difficulté, qui, après quelques années dans le privé, rejoignent l’école publique. Il est de fait que l’école catholique assure le plus souvent un suivi personnalisé des enfants qui contribue à son succès.
Par ailleurs il faut sortir de l’image d’une école catholique réservée aux catégories aisées. Il faut souligner sur ce point l’effort de l’école catholique technique, fréquemment implantée dans des banlieues « difficiles » et qui accueille des élèves de toutes provenance. La qualité de ces écoles catholiques techniques est connu, mais, faute de moyens, elles refusent chaque année un nombre croissant de candidats.

Un service public mal reconnu
Bref, le service public que rend l’enseignement catholique est mal reconnu. Il y a d’abord la question des places et des postes dans l’école catholique sous contrat. Les listes d’attente s’allongent à chaque rentrée. 30 000 candidats refusés en 2006, sans doute 35 000 cette année. L’Etat est responsable de cette limitation. Depuis 20 ans les postes de professeurs attribués aux établissement privés sous contrat représentent 20 % de ceux attribués au public. Le privé est victime de son succès.

Comment expliquer ce succès ? Paul Malartre qui vient de quitter la tête du Secrétariat général de l’enseignement catholique rappelait : « Notre enseignement catholique, c’est l’art de ne pas séparer. Nous n’avons pas à choisir entre mission de service public et mission de l’Eglise. » N’y a-t-il pas alors risque d’indifférenciation ?

Mission de service public ou mission d’Eglise ?
Cet « art de ne pas séparer » est aujourd’hui contesté par certain. L’Archevêque d’Avignon, Mgr Cattenoz, crie « un abus de valeurs de solidarité et d’ouverture à tous ». Dès 2006 il a lancé sa « charte diocésaine de l’enseignement catholique » estimant qu’une majorité d’établissements n’ont plus de catholique que le nom. Il s’en explique dans le Monde de l’Education (sept 2007, p. 47). « Au moins 60 % des établissements ont perdu comme fondement la référence explicite au Christ. » De manière claire l’Archevêque d’Avignon critique les orientations de Paul Malarbre : tolérance, relativisme aux dépens du caractère propre de l’enseignement catholique. De même, s’élève-t-il contre le travail de la Conférence des Evêques de France qui, selon lui, « fait fausse route quand elle veut partir de la réalité telle quelle est. Il faut repartir d’en haut, de la lumière du Christ ». C’est toute la question d’un christianisme lumière sur le candélabre ou levain dans la pâte.

Si le génie du christianisme est de ne pas séparer entre ces deux aspects, la nouveauté, c’est qu’un certain nombre de familles se retrouvent dans une aspiration à une séparation affirmée. Depuis deux ou trois ans, ces familles n’hésitent plus à rompre avec l’enseignement catholique. Les écoles catholiques hors contrat, (donc payantes) se multiplient, accueillant peut-être 20 000 élèves, selon le Monde de l’Education (septembre 2007). Réseau « Créer son école » (Anne Coffinier), « Association familiale d’éducation en pays d’Yvelines » (AFEPV). Elles voudraient proposer une école plus catholique que l’enseignement catholique. Deux dangers ne menacent-ils pas ? Celui du consumérisme avec des parents plus clients pour une réussite scolaire, et celui du communautarisme (c’est- à- dire des communautés refermées sur elles mêmes) avec des enfants en uniforme jusque dans l’expression de leur foi.

On peut regretter que ce débat sur le caractère propre de l’école catholique empêche de réfléchir dans l’école catholique, comme dans toutes les écoles, sur la place à donner à l’ étude et à l’enseignement du « fait religieux », comme l’a demandé, parmi d’autres, Régis Debray il y a maintenant 5 ans. La formation des enseignants en ce domaine est encore peu avancée et elle n’est pas même prévue dans tous les IUFM (Institut Universitaire pour la Formation des Maîtres). Dans l’école publique il peut y avoir encore méfiance au nom de la laïcité. Mais il y a surtout que le « fait religieux » ne relève pas d’une discipline à part, mais de l’histoire, de la littérature, de la philosophie, des arts plastiques. Beaucoup se disent incompétents. Que pourrait apporter les enseignants de l’école catholique, hors de tout prosélytisme et catéchèse ? Pourquoi pas des parcours de formation sur le fait religieux, communs à tous les enseignants ?

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