En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Vendredi 30 novembre 2007
Pourquoi un temps de l’Avent ? une promesse de paix !
Un petit rappel : le mot vient du latin « adventus »,
venue, avènement, en grec on parle de « parousie ». Cette période de l’Avent rythme le calendrier liturgique catholique. C’est au sixième siècle, avec le pape Grégoire I (590-604) , nommé aussi Grégoire le Grand, qu’a été instauré l’Avent, qui a été élaboré au fil des siècles, la dernière réforme étant celle de Vatican II, décret de la Congrégation des rites du 21 mars 1970. L’Avent est la préparation de Noël qui ouvre l’année liturgique. Durant cette période, la liturgie propose des textes de l’Ancien testament qui rappellent la longue attente de Dieu par les justes et l’attente par tous les chrétiens du retour du Christ.
Donc un temps pour préparer à vivre cet événement de Noël,
la venue de Jésus parmi les hommes. Ce temps est un chemin qui met la Parole de Dieu au milieu de notre vie quotidienne.
Un temps de promesse : « Voici venir des jours - oracle du Seigneur - où j'accomplirai la promesse de bonheur que j'ai prononcée sur la maison d'Israël et sur la maison de Juda… » «(Jr 33, 14).
La naissance de Jésus est le gage de la paix messianique.
Dans la bible la paix est la plénitude de vie, elle est le don messianique par excellence. La bonne nouvelle apportée est la « paix aux hommes de bonne volonté ». (Lc 2,14), le souhait de la paix terrestre devient l’annonce du salut, Jésus dira à maintes reprises, à ses proches, « va en paix », cette parole marque sa victoire sur la maladie et le péché. Jésus apporte cette paix, qui va au-delà des guerres, la paix de Pâques qui suit la victoire définitive (L 24,36). Les disciples vont porter cette paix dans le monde entier, Dieu annonce la paix par Jésus Christ en se montrant le Seigneur de tous (Ac 10,36).
Le mouvement Pax Christi (Mouvement catholique international pour la paix présidé en France par Mgr Marc Stenger, évêque de Troyes) propose cette année le thème « La Paix au Cœur » qui se déploiera autour de deux dates : le « dimanche de la Paix », 3e dimanche de l'Avent, 16 décembre 2007, et « la Journée Mondiale de la Paix » fêtée le 1er janvier 2008.
Le Conseil œcuménique des Eglises (COE) lance de son coté «l'Appel d'Amman ». Cet appel veut encourager les activités des Eglises partout dans le monde en vue d'une paix juste en Palestine/Israël.
La paix est en effet bien fragile dans le monde, le temps du salut parait bien éloigné.
Mais même quand les vents de l'histoire semblent contraires, le souffle de l'Esprit est à l'œuvre pour que le salut de Dieu ne soit pas balayé par la tempête. Au cœur de la grande histoire du monde, dont nous voyons chaque jour les multiples et terribles dangers qu'elle nous fait encourir, comme dans nos histoires personnelles si souvent traversées de questions, de doutes, d'épreuves, il y a la présence active du Seigneur qui est toujours en train de venir au-devant de nos attentes. Nous l'attendons mais il est déjà en chemin ; nous le prions mais il vient déjà au-devant de notre prière.
Ce temps de l’Avent célèbre la présence de Jésus parmi les hommes. Cette présence se manifeste dans les rapports que les hommes établissent entre eux, dans ces initiatives de paix que chacun est appelé à prendre, à entendre.
C’est la personne humaine qui est au cœur de la paix. « En respectant la personne on promeut la paix et en bâtissant la paix, on jette les bases d'un authentique humanisme intégral. S'il est vrai, en effet, que la paix entre les individus et entre les peuples - capacité de vivre les uns à côté des autres en tissant des relations de justice et de solidarité - représente un engagement qui ne connaît pas de répit, il est aussi vrai, et même encore plus vrai, que la paix est un don de Dieu ».
Comprendre l’autre, le connaître, avec un regard qui va loin. La paix entre chrétiens, la paix avec les hommes des autres religions. Nombreuses sont les occasions de rencontres, de dialogues. Un exemple parmi d’autres, le 9 novembre dernier le Conseil pontifical pour le dialogue inter religieux a adressé aux Hindous qui fêtaient leur « nouvelle année » (Diwali) un message « Chrétiens et Hindous : résolus à parcourir le chemin du dialogue, où il les invite à travailler avec les catholiques « à promouvoir l’harmonie dans la société et la paix dans le monde ». ou encore la visite au Vatican du roi d’Arabie Saoudite, alors que le Saint-Siège et l’Arabie Saoudite n’entretiennent pas encore de relations diplomatiques, qui déclarent en commun, « la valeur de la collaboration entre chrétiens, musulmans et juifs, pour la promotion de la paix, de la justice et des valeurs spirituelles et morales ».
Tâche immense, ne serait-ce pas le moment de faire nôtre, la parole d’Isaïe (Is 35,4) : «prenez courage, ne craignez pas», de demander quotidiennement « que ton règne vienne ». pendant le temps de l’Avent cet appel est lancé de manière toute spéciale « maranatha », « viens Seigneur », ne tarde plus (1 Cor 16, 22).
PS : Le Cetadnet propose une session « le dialogue inter religieux » (la prochaine ouvrira début 2008)