En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Dimanche 23 décembre 2007
A. Botticelli, 1444/45 - 1510 Nativité mystique, 1500, National Gallery, Londres
Cette représentation de la Nativité de Botticelli est assez complexe.
Il y a bien la crèche, l'âne, le bœuf, la Vierge, Joseph, l'Enfant, mais pour le reste on est complètement perdu. Il n'y a ni bergers, ni mages, une kyrielle d'anges partout, sur le toit, dans le ciel, par terre, et des gens dont on ne sait pas très bien ce qu'ils sont, ni ce qu'ils font ici.
Cette œuvre a souligné les rapports de Botticelli et de Savanarole, personnalité centrale de la vie politique et culturelle de Florence durant les dernières années du XV ème siècle. Quelques jours avant la réalisation de ce tableau Savanarole avait dit aux Florentins : "Repentez-vous de ce que vous avez fait, repentez-vous de vos péchés, éloignez-vous du démon, laissez-vous gagner par les anges seuls capables de vous amener jusqu'au Sauveur".
Plusieurs aspects pourraient être considérés comme l’illustration de cette prédication : la ronde des douze anges correspondant aux douze heures du jour et aux douze mois de l'année, telle que Savonarole l’exprimait ; la présence des anges représentent la foi, l'espérance et la charité en robes blanche, rouge et verte ; les anges, les mêmes, en vert, rouge et blanc qui viennent sauver les humains et les tirer des limbes ; les démons chassés, présents ici et là, viennent directement des idées de Savanarole.
Par ailleurs on peut remarquer quelques détails intéressants :
La vierge Marie adore un gigantesque enfant Jésus si grand qu'il ne peut tenir dans l'auge de l'étable. Ils sont bien sûr les plus saints et les plus importants personnages de ce tableau.
Les anges portent des branches d'oliviers et trois d'entre eux les offrent à des hommes qu'ils embrassent au premier plan. Ces hommes sont probablement pour les deux premiers des bergers avec leurs courts capuchons et à gauche un mage avec son long manteau. Ils sont tous trois couronnés de branches d'oliviers, emblème de la paix
Sur les banderoles entrelacées aux branches au premier plan ainsi que sur certaines de celles tenues par les anges dansants dans le ciel est écrit :"Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur terre aux hommes de bonne volonté' (Luc 2:14).
Comme les anges et les hommes sont de plus en plus proches de droite à gauche allant jusqu'à s'embrasser, de petits diables filent dans les trous du sols. Sur les rubans tenus par les anges devant la crèche est écrit: "Béni soit l'agneau de Dieu, qui a pris pour nous le péché du monde"', les mots prononcés par saint Jean-Baptiste pour présenter le Christ (Jn 1:29). Au-dessus du toit de l'étable, le ciel s'est ouvert pour révéler la lumière dorée du paradis. Des couronnes d'or sont tenues par les anges dansants avec des branches d'oliviers. La plupart de leurs rubans célèbrent Marie: « Mère de Dieu », « Epouse de Dieu », « Unique reine du monde ».
L'inscription en grec tout en haut du tableau a été traduite ainsi : « Moi Sandro ai fait ce tableau à la fin de l'an 1500 durant les troubles dont est victime l'Italie à la moitié du temps après le temps accordé au onzième chapitre de saint Jean dans le second sceau de l'Apocalypse après la disparition du diable pendant trois ans avant qu'il ne soit enchaîné au douzième chapitre [... ] comme nous le verrons dans ce tableau ».
L’Apocalypse annonce la fin des temps. Pour les chrétiens avec Noël, la fin des temps est commencée, Dieu est venu vivre parmi les hommes.