En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Lundi 3 mars 2008
La place de l'Islam en France
La question de la place reconnue à l’Islam dans la République Française est un souci de longue date du ministère de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, ministre de l’Intérieur et des Cultes par deux fois, a voulu donner un statut au culte musulman. Il a soutenu la création du CFCM, Conseil Français du Culte Musulman, avec la présidence de Dalil Boubakeur, recteur de la Grande Mosquée de Paris Il a joué aussi la carte de l’UOIF, Union des Organisations Islamiques de France, intégriste, lié au mouvement international des Frères Musulmans. Outre la problème de la représentation des Musulmans en France (environ deux millions aujourd’hui) il y avait celui des la formation des imams ; dans les communautés musulmanes, l’imam n’est ni un prêtre, ni juste un cadi, mais il est celui qui guide la prière et assure la prédication)
Origine des Imams
En France 80 % des imams sont issus de pays étrangers, Maghreb et Moyen Orient principalement, et formés par eux. Les autres s’improvisent guides de prière, se formant sur le tas. Plus de 10 % sont des fonctionnaires payés par leur état d’origine, notamment la Turquie et l’Algérie. Bien qu’il vivent en majorité en France depuis longtemps, naturalisés ou non ? ils restent très attachés à leurs racines ; Parmi les imams nés sur le territoire, beaucoup choisissent de suivre leur formation en Syrie, à Damas, qui offre une multiplicité de Centres et exigeant moins de diplômes que le Maroc et l’Algérie, par exemple. Un petit nombre seulement se dirige vers l’un des trois centres de formation français : Château-Chinon, Saint Denis (VOIF) ou Mosquée de Paris. Ce qui aboutit au résultat qu’un tiers des imams ne parle quasiment pas le français et que la plupart maîtrisent mal les règles qui régissent la société française. Quelle formation proposer et dans quel cadre ?
Créer un cursus de culture générale et destiné aux responsables religieux
Depuis des années la Mosquée de Paris et le Ministère de l’Intérieur tentent de convaincre une Université publique parisienne de créer un cursus de culture générale et destiné aux responsables religieux. Mais en vain. Pairs 8 Saint Denis n’a fait qu’effleurer le sujet avant de se rétracter. Paris 4 Sorbonne a carrément fermé la porte « au nom du respect de la laïcité » alors qu’il existe une chaire d’histoire des religions ou de patristique. Mais dans le même temps la faculté des Sciences Sociales et Economiques (FASSE de l’Institut Catholique de Paris) réfléchissait sur le contenu possible d’un diplôme universitaire (DU) d’enseig,nement général sans référence théologique ou pastorale. Il y a eu un travail en lien avec le Bureau des Cultes (Ministère de l’Intérieur) et la Direction de l’accueil, de l’intégration et de la citoyenneté (Ministère de l’Immigration) et courageusement, au risque des critiques, l’Institut Catholique de Paris a relevé le défi.
La formation proposée
La formation proposée s’adresse à tous les cadres religieux, culturels et associatifs de toutes les religions avec une majorité d’élèves composée de musulmans. Le diplôme universitaire est intitulé « Religions, Laïcité, Inter culturalité » . Il compte 400 heures de cours répartis sur 6 mois, avec 4 pôles : Culture Générale (histoire, vie politique) ; Droit (droit français des religions, économie et gestion du culte, droits de l’homme) ; Ouverture au monde religieux (laïcité et sécularisation, ouverture au monde juif, catholique, protestant, orthodoxe, oriental, pratique musulmane au quotidien.) ; Inter culturalité (politique d’intégration…)
Il est donc bien clair que cette formation proposée par l’Institut Catholique de Paris n’a rien à voir à un enseignement théologique. Pour Pierre Cahné, recteur de l’Institut Catholique, « la ligne de conduite est claire : nous avons en face de nous des étrangers qui ont pour destin de vivre ne France, d’y avoir des fonctions socioculturelles éminentes . Notre devoir est de faire en sorte qu’ils puissent accomplir cette charge de la manière la plus efficace, la plus humaine et la moins conflictuelle possible » (La Croix, 29-01-08). Peut-on ajouter qu‘il serait très souhaitable que la relation établie à travers la formation proposée aboutisse à une certaine réciprocité, les responsables religieux catholiques découvrant mieux dans des rencontres sur le terrain, la réalité des communautés musulmanes et de l’Islam en France et les initiatives de leurs responsables religieux, les imams.
« Des cathos à la mosquée »
PJ