En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Samedi 8 mars 2008
L’année 2008 va célébrer mondialement le centenaire de la naissance d’Olivier Messiaen (1908-1992), compositeur majeur du 20ème siècle, incontournable, bien que ce ne soit pas par ce titre de « compositeur » qu’il se présentait, mais d’ « ornithologue et rythmicien ».
Sa foi et son inspiration
Une personnalité hors du commun qui a suivi son propre chemin et a su marquer son temps par l’originalité de ses recherches.
L’unité de son œuvre, importante et variée, se fait autour de sa foi, et son inspiration, pour l’essentiel, il la trouvera dans la méditation des mystères de l’Église et des textes des Évangiles, égrenant au fil des années, « l’Ascension »(1934), « La Nativité du Seigneur »(1938), « Corps glorieux »(1945), « Visions de l’Amen » (1943), ses merveilleux « Vingt regards sur l’enfant Jésus » (1945), « Transfiguration de notre Seigneur Jésus-Christ »(1968), « Méditations sur le mystère de le Sainte Trinité »(1972), et j’en passe…
« Saint François d’Assise »
Son inspiration religieuse culminera dans le seul opéra qu’il ait écrit « Saint François d’Assise », commande de l’opéra de Paris, qu’il travaillera pendant plusieurs années et qui sera crée en 1979.
Diversement reçu lors de sa création à laquelle j’ai eu la chance d’assister, car pas conforme à ce qu’on attendait de la musique lyrique traditionnelle, bien que l’œuvre ait été défendue dans le rôle éponyme par la stature vocale de José Van Damme et la direction très « vivante » de Seiji Ozawa, « Saint François » restera un monument.
[color=red] Ses travaux sur le chant des oiseaux
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A l’intérieur de cette formidable unité, Olivier Messiaen se démarque par l’originalité de certaines de ses recherches, particulièrement ses travaux sur les chants des oiseaux « les plus grands musiciens qui existent sur notre planète » dira-t-il. Il commença à noter dés l’âge de 15 ans mélodies et rythme des oiseaux, une constante dans sa vie qui le fit voyager parfois à des seules fins ornithologiques, et aboutit à un gigantesque « Traité de rythme, de couleur et d’ornithologie ». Plusieurs de ses compositions intègrent ces recherches: « Réveil des oiseaux » ou « Oiseaux exotiques » et encore « la Fauvette des jardins ». Cette passion, Messiaen ne réussit guère à la faire partager à ses élèves.
« les Ondes » dites Martenot
Il intégra dans beaucoup de ses compositions un tout nouvel instrument présenté à Paris en 1928 par son inventeur, Maurice Martenot, « les Ondes » dites Martenot, renouvelant et élargissant ainsi les « couleurs » traditionnellement entendues en musique par des bruitages et un enrichissement infini des sons. Messiaen en fera un usage important dans la « Turangelîla-Symphonie » que je découvris aussi sous la baguette de Seiji Ozawa lors d’une reprise vers les années 1978 au Palais des Congrés et qui fut largement ovationnée. D’autres musiciens contemporains ont également introduit ce nouvel instrument crée pour le cinéma..
Des recherches sur les valeurs rythmiques
On lui doit aussi des recherches sur les valeurs rythmiques dans l’antiquité ou les autres cultures, élément déterminant dans ce qu’il apporta pendant les nombreuses années où il enseigna. Un de ses élèves les plus célèbres, Pierre Boulez, dira « Il m’a communiqué l’inquiétude rythmique ».
On peut résumer l’énorme activité de Messiaen, non seulement créateur d’un ensemble important d’œuvres pour orgue, piano, musique de chambre, opéra, orchestre , mais aussi presque un demi-siècle titulaire des orgues de l’Église de la Trinité , professeur dés l’âge de 27 ans et jusqu’à l’âge de la retraite, 70ans.
A travers le monde, un nombre important de concerts est prévu. Paris à ce jour en annonce une cinquantaine; l’occasion de redécouvrir un compositeur qui n’a plus rien de « dérangeant » maintenant, et qui a su poursuivre son chemin, librement, et ouvrir en son temps quelques horizons nouveaux dont certains ont fait école.