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Exposition Babylone

Publié le Vendredi 9 mai 2008





Le musée du Louvre consacre actuellement une importante exposition à l’antique capitale mésopotamienne, Babylone. Installée sur la rive gauche de l’Euphrate, en un point où le fleuve se rapproche le plus du Tigre, Babylone a bénéficié ainsi d’une position défensive avantageuse.

Vocation religieuse

La ville a connu une vocation religieuse dès le 3e millénaire av JC ; en effet Bab-Ili signifie en langue sémite la Porte de Dieu, tout comme Bab-El en hébreu.

Dans la littérature religieuse, Babylone est aussi appelée Eridu, par association à une ancienne ville sainte du pays qui portait ce nom et dont elle a pris la place. Ce sont les grecs qui adoptèrent le nom de Babylone d’ou son appellation moderne.

La Bible

Le livre de la Genèse donne une interprétation négative du nom Babel qui repose sur une étymologie populaire par un jeu de mots avec le verbe hébreu BaLal (mélanger, confondre..). Au chapitre 11 la tour de Babel est la fameuse tour à étage (ziggourat), signe par excellence de l’idolâtrie babylonienne, présentée comme le symbole de l’orgueil humain. La tradition biblique rattache la confusion des langues au signe de Babel où Dieu a châtié les hommes pour leur orgueilleuse idolâtrie : « alors descendons et brouillons ici leurs langues, qu’ils ne s’entendent plus les uns les autres. Ainsi lui donna-t-on le nom de Babel, car c’est là que le seigneur brouilla la langue de toute la terre » (Gn 11, 7 et 9) ; Babylone apparaît ici comme la ville de la confusion.

L'histoire

L’exposition propose une démarche historique en vue d’enrichir l’histoire et la légende de la grande cité et de faire connaître la véritable civilisation babylonienne qui rayonna sur tout le Proche Orient antique, grâce à une recherche de longue haleine consistant à rassembler les données de l’archéologie et les sources textuelles.

Vers le 19ème siècle avant Jésus Christ, Babylone fut adoptée comme capitale par les sémites sédentarisés originaire du pays d’Amourou (Liban actuel) à un moment où la fin de la 3e dynastie d’Ur témoignait de l’affaiblissement relatif du sud mésopotamien. Cette période fut marquée par le règne d’Hammourabi (entre 1792 et 1750), connu par son célèbre code.

La stèle du code d’Hammourabi conservée au Louvre, haute de plus de 2 m de haut, est le témoin le plus célèbre qui nous soit parvenu des civilisations du proche Orient ancien. Le texte gravé dans une écriture d’une remarquable élégance, constitue le recueil le plus complet, établi en 282 articles, exposant toute une série de cas concrets de la vie quotidienne ; C’est aussi la première attestation de la loi du Talion (ultérieurement développée dans les libres bibliques). Au regard du code d’Hammourabi, la Bible connaît de tels recueils qui datent de la fin du 8e au 5e av JC. Le plus ancien est le code de l’Alliance (Exode 20,22 ;13,19). La forme littéraire est analogue à celle du code d’Hammourabi, et il y a des lois « apodictiques » ou impératives comme la sentence « tu ne laisseras pas en vie la magicienne (Ex 22,17). En plus le code de l’Alliance s’ouvre et s’achève sur une loi cultuelle (Ex 20,24-26 ; Ex 22,14-17). Le code d’Hammourabi proclame dans son prologue qu’il a voulu que « le fort n’opprime pas le faible » tandis que le code de l’Alliance évoque le sort des pauvres, des étrangers, des veuves et des orphelins. (Ex 22,20-26)

Nabuchodonosor

Le première dynastie babylonienne disparaît au 16e av JC quand la capitale Ninive est détruite. Cependant Babylone demeure un centre culturel international par la diffusion de l’enseignement et le rôle des scribes.

Un empire néo-babylonien, illustré notamment par Nabuchodonosor II (605-562 av JC), s’impose pendant un siècle. Nabuchodonosor donna à sa capitale une splendeur inégalée. Babylone est alors considérée comme le symbole de l’harmonie du monde, née de la puissance de Marduk, son dieu suprême. De cette époque on a retrouvé le riche décor architectural de briques à glaçure colorée, illuminée par les rayons du soleil. (de beaux exemples sont présentés à l’exposition). Il représente le lion, attribut de la déesse Ishtar, s’avançant la gueule ouverte, l’air menaçant pour protéger les habitants de la vielle. Le dragon symbole de Marduk, le taureau symbole d’Adad, le dieu de l’orage sont également présentées. L’iconographie est entièrement symbolique, sans aucune scène narrative ou humaine, au contraire de l’art assyrien. Au sud du palais, la voie processionnelle, va jusqu’à l’air sacré, dominée par la ziggourat, la tour de Babel.

Pour le lecteur de la Bible, la figure du roi Nabuchodonosor évoque l’adversaire terrifiant et impitoyable qui menaça le royaume de Juda à partir de 612, et après plusieurs invasions, finit par prendre Jérusalem en 587 après un siège de dix-huit mois ; la ville fut pillée, le Temple brûlé, une bonne partie de la population rejoignit à Babylone le dernier roi Yoiakîn, déjà prisonnier depuis 598 (2 R 24-25).

Finalement ce royaume néo-babylonien finit par être subjugué par les Perses achéménides : Cyrus prend Babylone en 538. Le temps de la gloire de la cité de Marduk était depuis longtemps révolu quand Alexandre vint y mourir en 323 av JC.

L’exposition jalonne toute cette histoire par des stèles, statues, objets précieux et tablettes cunéiformes de toute beauté.

L’importance et la profondeur de l’héritage culturel

La deuxième partie de l’exposition, poursuit deux objectifs : expliquer l’importance et la profondeur de l’héritage culturel de Babylone et établir le lien étroit des traditions légendaires et symboliques avec la Babylone antique. Au fil des siècles la légende a souvent pris le pas sur l’histoire, en raison notamment de l’absence de traces archéologiques retrouvées. Les fouilles entreprises depuis la fin du 19e siècle et le début du 20e et le déchiffrement des inscriptions cunéiformes ont eu une grande répercussion sur la littérature et les diverses et nombreuses interprétations de la tour de Babel, jusque par exemple un dessin de Frank Llyod Wright, Monument à Haroun al-Rachid de 1957.

Dans le cadre du projet de recréer Bagdad comme grande capitale de la culture islamique, la statue du souverain se dresse au sommet d’un socle inspiré du minaret de briques à rampe hélicoïdale de la mosquée abbasside de Samarra sur le Tigre au nord ouest de Bagdad.

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