En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Laïcité - religion

Publié le Mardi 8 juillet 2008

LA SEPARATION DE L’EGLISE ET DE L’ETAT

En 2005, pour les festivités d’un centenaire, celle que l’on avait appelé alors l’« inique » loi de séparation dénoncée par l’Eglise catholique en France et à Rome, a pu être présentée comme une « bienheureuse » séparation ». En effet, elle a sauvé les intégristes de l’Eglise catholique en France comme les intégristes de la Laïcité laïcarde. La communauté protestante, dès le début, s’est réjouie de cette loi, mais plus encore les communautés juives trouvant leur statut. Pour les catholiques les raideurs de Rome, culminant avec l’encyclique DE Pie X Vehementer nos (11.02.1906) n’ont pas aidé une conciliation qui fut facilitée par la Grande Guerre de 1914-1918. Dans les tranchées, l’anticlérical découvrait les « curés » et réciproquement. Avec Pie XI l’encyclique Maximam gravissimam invitait à l’acceptation les associations diocésaines pour gérer la Séparation. Les signes de reconnaissance de l’Etat et de l’Eglise dans le statut de Séparation peuvent se multiplier mais avec une contre-attaque cléricale durant le régime de Vichy. Là encore, ce furent paradoxalement, les contacts vécus dans les camps de prisonniers et dans les maquis de la Résistance, qui aidèrent à trouver la reconnaissance chantée par Aragon dans la Rose et le Réséda. (celui qui croyait au ciel, celui qui n’y croyait pas.

Mais l’héritage de la loi de 1905 va se heurter à la place prise par en France et ailleurs par l’Islam. On peut mesurer alors le bénéfice d’une laïcité qui distingue le politique et le religieux. Cela peut rejoindre un courant minoritaire musulman qui plaide la séparation (Soheib Bencheikh, Marianne et le prophète, L’Islam dans une France laïque, Grasset, 1999). Mais le Ministère de l’intérieur qui est aussi Ministère des cultes, voudrait pourvoir encadrer les communautés islamiques, notamment en favorisant la construction de mosquées. Cela est-il compatible avec l’article 2 de la loi de 1905 : « la République ne reconnaît ni ne salarie ni ne subventionne aucun culte » ? Faut-il envisager un « toilettage » de la loi que l’Eglise catholique redoute pour que ne soit pas ré-ouvert un dossier explosif ? N’est-il pas possible de parler de « laïcité ouverte » et de situer à nouveaux frais les liens Religion-Etat ?

LE C.R.I.F.

C’est ce retour de la religion qui a pu être souhaité par le Président de la République Nicolas Sarkozy dans trois discours, au Latran à Rome (21.02.07), à Ryad en Arabie Saoudite (14.01.08) et à Paris pour le dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF ; 13.02.08). Ces prises de position ont ému et inquiété les défenseurs de la laïcité et le discours du CRIF a voulu faire une mise au point. « Personne ne veut remettre en cause la laïcité. Personne ne veut abîmer ce trésor trop précieux qu’est la neutralité de l’Etat, le respect de toutes les croyances comme celui de la non croyance. Doit-on pour autant se priver du droit de rencontrer des prêtres, des pasteurs, des rabbins, des religieux pour leur dire que ce qu’ils font au bénéfice des plus pauvres, pour le réconfort des malades, pour la réinsertion des prisonniers, est tout simplement utile et bien ? » L’insistance de ces discours porte sur le spirituel (« immense besoin de spirituel ») et sur la morale (« morale laïque et morale religieuse »). Ce qui amène à dire (au CRIf) « offrir aux élèves un enseignement spirituel ou moral au sens large, c’est assurément préparer une société meilleure pour demain. ».

LE PROBLEME AUJOURD’HUI
Le débat ouvert aujourd’hui demande d’éviter toute approximation (par exemple LA comparaison de l’instituteur avec le curé, le rabbin ou l’imam) mais une grande rigueur de vocabulaire. Faut-il déplorer « la redoutable absence de Dieu et non son excès dans le drame du XXème siècle ? Reconnaître le fait religieux et son enseignement dans l’école laïque pour reprendre le titre du livre de Régis Debray, (Odile Jacob, 2002) n’est-il pas plus conforme à la laïcité française ? De même, est-il nécessaire de revendiquer à nouveau des racines chrétiennes à l’Europe ? Elles sont certaines, mais ce ne sont les seules comme le faisaient remarquer M. Pasquier, président du CRIF. « J’ai trop de respect pour ceux des Justes qui étaient des athées, pour croire que les religions sont la seule barrière contre le mal. Elles peuvent être meurtrières quand elles prétendent imposer une vérité absolue. L’homme ne détient qu’une vérité partielle. C’est le message de la tradition juive, c’est aussi le message des Lumières ». « Plutôt que de confronter laïcité et religion, ne faudrait-il pas nous réjouir du dialogue d’une laïcité ouverte et de spiritualités diverses ?

Posez-nous votre question

Articles récents

Opposons à la haine l’exigence de concorde
Opposons à la haine l’exigence de concorde
Publié le Mercredi 18 octobre 2023
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, 18 – 25 janvier 2023
Bonne Année
Bonne Année
Publié le Dimanche 1er janvier 2023
L'Ukraine
L'Ukraine
Publié le Mardi 8 mars 2022
Tous les articles
cours en ligne

Pour aller plus loin, participez à nos cours en ligne

Voir les cours

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2026 - Tous droits réservés