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Georges Rouault (1871-1958) à la Pinacothèque de Paris

Publié le Lundi 27 octobre 2008

Georges Rouault (1871-1958) à la Pinacothèque de Paris

 

(Georges Rouault, Passion 1, 1935, (c) Adagp Paris 2008 )

Exposition de la collection Idemitsu à la pinacothèque de Paris

A l’occasion du 50e anniversaire de la mort de Georges Rouault de nombreuses expositions sont organisées, en France et dans le monde, au Centre Pompidou, dans l’église Saint-Séverin, Paris 5e, à la Pinacothèque de Paris, et dans différentes galeries parisiennes, ainsi qu’aux USA et au Japon .

A la Pinacothèque de Paris l’exposition présente la collection japonaise Idemitsu qui comprend 400 œuvres, dont certaines majeures ; c’est la plus importante collection privée de l’artiste dans le monde. Elle comprend la quasi totalité des peintures préparatoires aux gravures du livre « Passion », édité par le marchand d’art Ambroise Vollard en 1939. L’industriel Azo Idemitsu achète dans les années 70, cinquante quatre peintures à un héritier d’Ambroise Vollard

Liens de l’art de Rouault avec le Japon

L'attrait du Japon pour Rouault  ne peut se réduire à un simple rapport esthétique. "Les Japonais observent les oeuvres d'une manière méditative. C'est un voyage intérieur. Les oeuvres de Rouault invitent à cette profondeur" (Marc Restellini, directeur de la Pinacothèque et commissaire de l'exposition.). Les premiers Rouault qu'il voit sont ses Passion, exposées au Japon par le marchand d'art Yoshii. Elles le fascinent et ses contours noirs lui font penser à la calligraphie et aux estampes japonaises.

La perception philosophique de Rouault parvient au même résultat que les artistes Zen les plus complexes ; la méditation est inséparable de l’esthétique japonaise, et Rouault invite à cela. Les japonais le perçoivent pour aini dire comme un artiste zen ! Ainsi cette exposition se présente comme une révélation de nombreux aspects de Rouault.

Les rencontres de Rouault

Elève de Gustave Moreau, Rouault est imprégné du climat spirituel qui caractérise l’œuvre de son maître. Georges Rouault retient que l’art n’est pas la copie de la nature mais la possibilité de s’exprimer. Très rapidement, ses peintures seront empreintes d’un caractère sacré. Son œuvre est sous-tendue par une expérience morale et humaine. Pour lui la peinture est avant tout une « confession ardente ».

Il utilise son expérience du vitrail qu’il a pratiqué dans sa jeunesse, et développe une violence picturale unique. Cette nouvelle technique révolutionnaire vient appuyer le trait et la force du message : il exprime sa colère, sa pitié face au monde qu’il voudrait meilleur. Au fur et à mesure de sa carrière il s’inspire de plus en plus de thèmes religieux

Le parcours de Rouault est présenté à travers les rencontres remarquables qu’il a eu l’occasion de faire au cours de sa vie : son maître Gustave Moreau, l’ami d’atelier Henri Matisse, l’écrivain Léon Bloy, le couple d’intellectuels Jacques et Raïsa Maritain, l’écrivain André Suarés et enfin son marchand, Ambroise Vollard

Peintre chrétien

Héritier d’une tradition ouvrière ancienne, Rouault incarne des valeurs du 19e siècle en même temps qu’il emprunte la voie de l’art moderne. Rouault deviendra l’un des plus grands peintres religieux du 20e entièrement dévoué à son art ; « je suis l’ami silencieux de ceux qui peinent dans le sillon creux, je suis le lierre de la misère éternelle qui s’attache sur le mur lépreux derrière lequel l’humanité rebelle cache ses vices et ses vertus. Chrétien, je ne crois, dans des temps si hasardeux, qu’à Jésus sur la Croix, chrétien des temps anciens ».

Rouault s’attache à l’illustration de thèmes bibliques tout en procédant à des recherches formelles qui l’inscrivent parmi les peintres de la peinture moderne. Ses thèmes sont spécifiquement christiques, avec une prédilection pour le Christ souffrant de la Passion.. Il s’agit d’une suite d’images insérées dans un bordure peinte rappelant un chemin de croix. Les compositions sont volontairement schématiques et renvoient à la sereine majesté, aux symétries , au hiératisme et à la gravité symbolique de l’art roman. Dans leur dépouillement, les formes sont réduites à des signes immédiatement reconnaissables. Les fameux cernes noirs, les fluctuations de la couleur toujours changeantes assurent la vibration esthétique et émotionnelle de ces œuvres, avec des résonances religieuses et spirituelles.

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