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LA PAROLE, suite et Synode

Publié le Dimanche 23 novembre 2008

Le synode

Dès le voyage de Benoît XVI en France, le thème de la parole de Dieu avait été mis en musique (Actualités « sonate « la parole » aux vêpres de Notre Dame 30.09.08)

Mais l'orchestration est venue avec le Synode des évêques réuni à Rome à partir du 06.10.08. Il est consacré à la « Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise ».

C'est Paul VI qui a créé en 1965 le Synode des évêques, pour permettre à l'évêque de Rome de consulter les évêques du monde entier, tous les trois ans. Le Synode est une assemblée consultative, la seconde après le collège des cardinaux. Le Synode, selon Paul VI, est un conseil permanent des évêques pour l'Eglise universelle, soumis directement et immédiatement à l'autorité de l'évêque de Rome. Les Synodes sont de trois sortes : assemblées générales tous les trois ans, assemblées extraordinaires pour un problème urgent (20ee assemblée générale ordinaire et la 23e assemblée synodale. Le travail du Synode est préparé par des documents soumis aux épiscopats par le Conseil du secrétariat général du Synode, pour cette fois, Mgr Nicola Eterovic. A l'ouverture et au cours du Synode, c'est le cardinal Ouellet, archevêque du Québec, qui présentait le rapport d'introduction puis une première synthèse des interventions, qui servira de base pour l'élaboration des propositions finales. anniversaire de Vatican II), assemblées spéciales pour des questions ne touchant qu'une région (Afrique, Pays Bas, Océanie..). Le Synode qui vient de se tenir à Rome est la 12

Interprétation historico-critique et approche spirituelle

Arrivons donc au fait même fait même du Synode de Rome « La Parole de Dieu dans la vie et la mission de l'Eglise ». On attendait une assemblée du Synode des évêques essentiellement consacrée aux questions pastorales, pour savoir comment mettre la parole de Dieu au centre de la vie des fidèles et des communautés dans la ligne de la constituion conciliaire Dei Verbum.

Mais dès le départ le cardinal Ouellet a tenu à souligner que la Constitution Dei Verbum « un traitement plus détaillé de la part du magistère de l'Eglise sur la rapport Inspiration-Ecriture- Tradition - magistère. Benoît XVI est intervenu lui-même à ce propos mais son texte n'a pas encore été rendu public. Cependant, durant le Synode, l'exégèse a été accusée de fausser la compréhension des Ecritures. « L'exégète moderne semble être soupçonneux de la vérité dans la Bible » (Cardinal tanzanien Pengo de Dar es Salaam). Le cardinal brésilien Claudio Humes, préfet de la congrégation pour le clergé, a été plus direct encore en insistant sur « le besoin urgent de remettre à nos prêtres une bonne théologie et une efficace méthode exégétique ». Ce qui a amené un archevêque français à soutenir le travail des exégètes en souhaitant qu'au lieu de le dévaloriser on puisse travailler avec eux (prise de parole applaudie). avait été « insuffisamment reçue » sans « donner encore tous les fruits désirés et attendus dans la vie et la mission de l'Eglise ». Très vite ont été soulignés des problèmes d'ordre doctrinal. Pour une meilleure interprétation biblique « l'interprétation historico-critique » (« qui est très bonne ») doit être complétée par une approche plus spirituelle. Il faut pour cela favoriser une meilleure collaboration entre théologiens et magistère. « C'est pourquoi il est appelé à « une nouvelle encyclique qui permette au pape de réaffirmer la juste interprétation de l'Ecriture dans l'Eglise ». Selon le rapporteur le cardinal Ouellet

Le travail exégétique, notamment la recherche historique et littéraire, a été reconnu comme indispensable par le document de la Commission biblique pontificale de 1993 (document préfacé par le cardinal J.Ratzinger) ; en effet cette approche a ouvert des perspectives qui sont maintenant intégrées à toute lecture biblique respectueuse du texte et de sa distance. Cela ne signifie pas que l'histoire donne le sens du texte, mais elle nous évite de projeter trop vite et sans garde fou notre subjectivité sur les textes bibliques. La Bible nous annonce la Bonne Nouvelle de Dieu, elle nous dépasse et nous déplace, et nous n'avons pas à nous l'approprier trop vite pour lui faire dire ce que nous souhaitons entendre. D'autres approches ensuite permettent au lecteur d'entrer dans un dialogue attentif et obéissant avec le texte biblique.

La « lectio divina »

Le Synode a aussi insisté sur la place de la « lectio divina » (lecture priante) susceptible d'apporter beaucoup au dialogue avec Dieu et à la formation des disciples et des communautés chrétiennes ». Les pères synodaux n'ont pas été tendres au sujet de l'homélie, la prédication pouvant être « insipide ». Les homélies sèches politiques, sociologiques ne font que rendre le terrain favorable aux sectes (Singida, Tanzanie). La Parole s'est faite chair, mais le lien entre Parole et vie a-t-il été suffisamment mis en valeur ? Cependant certaines prises de parole furent très vigoureuses : « une Eglise qui ne peut se mettre à l'écoute des pauvres ne sera pas en mesure de se mettre à l'écoute de la Parole de Dieu » (Mgr Luis Antonio Tagle, Imus, Philippines.)

Une lecture au-dela des aspects économiques et sociaux

Jusqu'à risquer le mot tabou pour la théologie romaine « il faut prêter une attention particulière aux nouvelles formes déchirantes de pauvreté et aux nouvelles voies prometteuses de la libération intégrale ». Mgr Julio Cesar Teran Dutari (Ibana, Equateur).

Cette même résistance a marqué l'intervention du patriarche Bartolomeo 1er de Constantinople, invité au Synode pour prier et prendre la parole ; il a exhorté les chrétiens à suivre une même et unique direction au-delà des aspects économiques et sociaux, pour éradiquer la pauvreté, combattre le fondamentalisme et le racisme et développer la tolérance religieuse dans un monde de conflit. L'injustice sociale, la guerre, sont le résultat de notre infidélité à la parole de Dieu… « Nous avons abusé du Créateur », « les chrétiens sont ainsi appelés à transformer le monde à travers la Parole ».

Si toute lecture est interprétation, rappelons qu'un document de la Commission biblique pontificale reste incontournable : L'interprétation de la Bible dans l'Eglise, Tequi, 1993.

La conclusion des travaux du Synode fera l'objet d'un prochain article d'actualités sur le site du CETADNET.

Pour la mise en valeur, l'approfondissement de la Parole de Dieu, le CETAD vous offre différentes formations. Voir sur le site, la rubrique Biblenet.

 

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