En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Vendredi 28 novembre 2008
(L’hétimasie, 10/11 siècle, ivoire, musée de Constantinople).
Le terme adventus
Le terme adventus est un mot chrétien d’origine profane. Il signifiait la venue annuelle de la divinité dans son temple pour visiter ses fidèles : le dieu, dont la statue était alors proposée au culte, était censé demeurer au milieu des siens tant que durait la solennité.
Dans les ouvrages
chrétiens des premiers siècles, adventus devint le terme classique employé pour désigner la venue du Christ parmi les hommes :
son avènement dans la chair, inaugurant les temps messianiques, et son
avènement glorieux, qui couronnera l’œuvre rédemptrice à la fin du monde.
Plusieurs termes sont utilisés pour exprimer cette même réalité : Adventus,
Natale, Epiphania.
Préparation de la fête de Noël et de l’Epiphanie
Dès la fin du 4e siècle on a ressenti le besoin d’une préparation ascétique aux fêtes de Noël – Epiphanie. D’une durée de trois semaines elle fut sans doute liée à la préparation au baptême administré à l’Epiphanie. Un texte attribué à saint Hilaire († 367) parlerait d’un carême de Noël. Ascèse, prière, assemblées plus fréquentes telles sont les premières caractéristiques du temps de préparation à Noël. Cette discipline devait se préciser en Gaule dans le cours du 5e siècle, quand Perpétue de Tours († 490) instituait un jeûne de trois jours par semaine.
L’Avent romain apparaît seulement dans la seconde moitié du 6e siècle. Une liturgie de l’Avent voit le jour à Rome où le pape Grégoire 1 er (dit le Grand) fixe le nombre de quatre dimanches du temps de l’Avent. Toutefois, à Milan, on continue aujourd’hui encore à fêter le temps de l’Avent pendant six semaines.
Dès le 8 e siècle, le premier dimanche de l’Avent est fêté comme le commencement de la nouvelle année liturgique. Au début, c’était un temps de repentance et de jeûne, où il n’était permis ni de danser, ni de se marier.
La liturgie
Sur le plan de la liturgie, les formulaires
des six puis des quatre semaines préparatoires à Noël eurent quelque peine à trouver leur place dans le cycle annuel.
La fête de Noël n’a cessé de prendre une importance accrue durant le haut Moyen Age et l’Avent est donc ce temps d’attente joyeuse de la fête de la Nativité. Il oriente les chrétiens vers le retour glorieux du Seigneur à la fin du monde. Le meilleur symbole de l’Avent est alors « l’hétimasie », littéralement « la préparation », en fait il s’agit du trône vide du Seigneur attendant sa venue. Le vocable païen d’adventus est alors entendu au sens biblique et eschatologique du mot grec Parousie. L’attente chrétienne trouve son expression dans les textes prophétiques inspirés par l’attente du Messie : Isaïe, Jean Baptiste sont les deux grandes voix de la liturgie de l’Avent.
Dans la liturgie d’aujourd’hui on retrouve ces deux composantes, de préparation ascétique à la fête de Noël et joyeuse espérance du retour du Seigneur. Remarquons les différentes antiennes qui seront lues durant ces quatre semaines, elles sont vibrantes d’alléluia et une note d’austérité marque la manière dont sont parés les autels (violent). L’Avent tient tout entier dans l’équilibre de ces deux composantes.
On remarquera également la progression de cette montée vers Noël : la troisième semaine est riche des lectures d’Isaïe, et les évangiles d’Annonciation et de Visitation. Puis à partir du 17 décembre, le jour initial de l’Avent, selon le Concile de Saragosse (380),commence le chant quotidien des Grandes Antiennes , que l’Eglise romaine chantait déjà au temps de Charlemagne. Les Grandes Antiennes ne sont pas seulement une synthèse du plus pur messianisme de l’Ancien Testament : à travers les images anciennes de la Bible elles énumèrent les titres divins du verbe incarné et appelant le Seigneur (Viens Seigneur) elles sont porteurs de toute l’espérance actuelle de l’Eglise.
« Sur toute la terre, faire
la paix. C’est avancer avec une foule de témoins »
L’espérance actuelle dans notre monde si bousculé par les crises et la violence, est tournée vers la recherche de la paix. Le mouvement Pax Christi anime ce temps de l’Avent sur le thème : « Sur toute la terre, faire la paix. C’est avancer avec une foule de témoins »
Au tout début, il y a l’alliance, l’arc de la réconciliation, l’arche du salut. Et tout au long de notre histoire, Dieu tient parole. Il est parole de paix, et sa promesse est si forte qu’à Noël, il prend chair d’homme pour nous procurer la paix du Père. « La paix n’est plus promise mais envoyée, non plus remise à plus tard mais donnée, non plus prophétisée mais proposée » (d’après une homélie de saint Bernard).