En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Samedi 6 décembre 2008
Les 21-22 et 23 novembre
dernier se sont réunies les semaines sociales 2008.
Elles avaient pour thème
général des relations religions-sociétés, « Religions, menace ou espoir
pour nos sociétés ? » ; traditionnellement un message est donné
en guise de conclusion. Des rapports définitifs vont être publiés, mais d’ores
et déjà un message a été adressé à la société et aux hommes politiques.
Ce texte se découpe en
quatre parties : « un nouveau dialogue », « l’inspiration
chrétienne », « changer son attitude », et « les
attentes ».
Les chrétiens et toute
personne engagée dans les servies sociaux se rejoignent dans un même regard
de dignité envers chaque personne et désirent des structures sociales
justes. Il est temps qu’un nouveau dialogue s’instaure entre les religions et
sociétés sécularisées.
La foi chrétienne propose la ressource de la fraternité. « Elle se fonde sur une vision de l’homme où
relations d'altérité et estime de soi, loin de se concurrencer, s’alimentent
l’une l’autre : "aime ton prochain comme toi-même".
« Pour que la Parole dont nous vivons soit aussi pour d'autres une source
d'inspiration, il faut changer la manière d'en témoigner ».
Comment ? D'abord en étant à
l'écoute des enjeux publics de nos sociétés et en valorisant la tâche du
politique, en l'encourageant à rechercher le bien commun. Ensuite, en reflétant la pluralité des expériences et
des traditions chrétiennes.
Un
certain nombre de conseils sont ainsi donnés pour restaurer un dialogue vrai
entre religions et société s’adressant aux médias, aux responsables des
entreprises et des administrations, aux pouvoirs publics, aux Parlementaires, à
l’Education Nationale
Après ces
messages une déclaration inter-religieuse a été prononcée.
« Tout d'abord nous voulons réaffirmer notre
attachement commun à quelques principes ou attitudes sources de paix :
- Le principe de séparation du politique et du religieux est pour nous un
préalable et une condition à toute vie religieuse et politique apaisée
- Mais ce préalable n'est pas simple neutralité, il doit s'accompagner d'une
attitude de respect et d'un désir de connaissance et de reconnaissance de
l'autre, même si nous ne partageons pas la même foi ou les mêmes convictions
- Mieux : la tâche qui nous incombe avec urgence est de multiplier en tous
domaines le dialogue entre croyants et le dialogue avec nos frères
non-croyants.
- C'est à ces conditions que la paix qui est notre horizon commun peut advenir
et demeurer parmi nous.
- Afin que la paix soit partagée par tous, nous invitons les différentes
familles de pensée à faire un chemin semblable de respect et de dialogue.
Nous voulons aussi, sans ostentation mais sans complexe, inviter chacun à
puiser dans le message des religions le sens que beaucoup de nos contemporains
recherchent :
- Des inquiétudes multiples traversent en effet nos sociétés et atteignent nos
personnes. L'homme, notamment, ne
saurait être réduit à un consommateur économique.
- Vues à la lumière de notre créateur miséricordieux, nos vies humaines
prennent sens et nous retrouvons le goût de vivre.
- L'aventure de nos sociétés et celle de l'humanité toute entière trouvent-elles
aussi leur sens sous le regard de Dieu qui aime toutes ses créatures et veut
leur bonheur.
Conscientes de leurs responsabilités, les religions ont un message particulier
à délivrer pour nos sociétés :
- Le caractère sacré de tous les êtres humains et de la vie,
- L'égale dignité des hommes et des femmes,
- L'étranger, que nous nous devons d'accepter et d'accueillir,
- Les personnes en difficulté que nous nous devons de respecter et d'aider,
- La famille, source d'équilibre d'une humanité meilleure et dont nous sommes
tous responsables, personnellement et collectivement
- Et enfin la création qui ne doit être ni négligée ni vénérée mais continuée
et développée par des hommes responsables de ce don qui leur a été confié
Enfin, notre affirmation d'un Dieu qui nous dépasse mais veut notre bien
nous rend particulièrement attentifs à la justice.
- Notre foi nous oblige en effet, parfois malgré nous, à prendre parti, envers
et contre tout, en faveur de la justice. La justice en effet ne nous appartient
pas, pas plus qu'elle n'appartient à tel ou tel car elle nous est donnée à
travers la foi en un Dieu juste.
- Cette foi peut nous amener à protester avec vigueur face à des évolutions
légales ou sociales qui nous semblent porter atteinte à la justice ou au
caractère sacré de la personne humaine
Mais cette même exigence de justice s'applique aussi à nous-mêmes. A travers
nos communautés nous donnons parfois une image affaiblie ou fausse de la
justice et de la miséricorde de Dieu. Nous nous engageons à travailler,
jour après jour, à nous rendre toujours plus fidèles à ce que Dieu attend de
nous.
L'année prochaine les semaines sociales aurons lieu " les 20, 21 et 22 novembre 2009 à
Paris Nord – Villepinte sur le thème "Les nouvelles
solidarités »