En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mercredi 25 février 2009
(Psautier , 1222, Copenhague)
Que de propositions faites pour profiter de ce temps privilégié que l’Eglise nous offre, de ces quarante jours qui nous séparent de Pâques. Quarante, chiffre symbolique rappelant notamment dans la Bible les 40 jours du Déluge, Les 40 jours et 40 nuits de jeûne de Moïse avant de recevoir pour la deuxième fois les tables de la Loi, les 40 ans d'errance dans le désert de Moïse et du peuple d'Israël, les 40 jours et 40 nuits de marche d'Élie avant de rencontrer le Seigneur sur le mont Horeb, les 40 jours que Jésus passe dans le désert pour affronter la tentation. 40 jours, c’est ainsi un temps de mûrissement, de gestation, un itinéraire, un chemin vers... tout ceci est symbolique, il n'est pas nécessaire de prendre une calculette pour s’apercevoir que du mercredi des cendres à Pâques il y a 46 jours !! (car on ne fait pas de carême le dimanche, jour du Seigneur, et surtout pas le jeudi saint jour de grande fête dans les monastères).
Que de propositions faites dans nos paroisses, nos mouvements, Internet, pour vivre ce temps de transformation personnelle vis à vis de nous même et vis à vis de Dieu ! Des propositions de temps de prières renouvelées et accompagnées, de formations, d’ accompagnements spirituels. Se laisser rencontrer par Dieu dans le secret. St Matthieu rappelle les trois principales règles de piété des juifs : l’aumône, la prière et le jeûne.
Thème approfondi par le Pape : le jeûne
Cette année le Pape Benoît XVI propose comme thème « Redécouvrir le sens chrétien de la pratique du jeûne », tout en insistant sur un engagement dans « la prière, la lectio divina, le recours au Sacrement de la Réconciliation et dans la participation active à l'Eucharistie, par dessus tout à la Messe dominicale ».
Quelle valeur et quel sens peuvent avoir pour nous, chrétiens, le fait de se priver de quelque chose qui serait bon en soi et utile pour notre subsistance ? Dans l'histoire du salut, l'invitation à jeûner revient régulièrement. Saint Basile a interprété la défense de manger du fuit au paradis comme le premier jeûne. Parce que tous nous sommes appesantis par le péché et ses conséquences, le jeûne nous est offert comme un moyen pour renouer notre amitié avec le Seigneur. Les exemples de pratique du jeûne dans la Bible sont nombreux. Jésus met en lumière la raison profonde du jeûne en stigmatisant l'attitude des pharisiens qui observaient avec scrupule les prescriptions imposées par la loi, alors que leurs cœurs étaient loin de Dieu. Le vrai jeûne a donc pour but de manger « la vraie nourriture », qui consiste à faire la volonté du Père (cf. Jn 4,34). Paul VI remettait le jeûne dans le contexte de l'appel de tout chrétien à « ne plus vivre pour soi-même, mais pour Celui qui l'a aimé et s'est donné pour lui, et... aussi à vivre pour ses frères »
Dans toute la France de nombreux diocèses et mouvements religieux proposent des conférences spécifiques. Il n’est malheureusement pas possible ici de revenir sur toutes ces initiatives, toutes plus riches les unes que les autres !
A Paris, les conférences de Notre Dame sont retransmises sur différentes chaînes de radio ou télévision, avec des commentaires et possibilités d’échanges avec les conférenciers. L'objectif, en cette année « saint Paul », est de révéler l'actualité du témoignage et des écrits de Saint Paul dans la culture contemporaine. La réalisation en a été confiée à des personnalités catholiques ou non, historiens, théologiens, philosophes ou biblistes.
Dimanche 1er mars: « Paul, fondateur du christianisme ? » par Alain Decaux, historien, Paul appartient au monde gréco-romain et au monde juif du premier siècle de notre ère. Le Nouveau Testament nous donne de le situer par rapport à Pierre, Barnabé, aux premiers disciples du Christ. Est-il le fondateur du christianisme ? Celui de qui dépend l’écart entre Jésus et l’Eglise, comme on tend à le dire ?
Dimanche 8 mars: « Jésus, Messie d’Israël ? » Giorgio Agamben, philosophe et le Père Éric Morin, bibliste. Il s’agit d’éclairer la question du messianisme de saint Paul, de présenter et de discuter l’enjeu de sa christologie dont l’influence dans l’histoire dépasse les frontières visibles de l’Eglise pour rencontrer les fondations de la pensée occidentale.
Dimanche 15 mars 2009 : « Un seul Seigneur pour tous les peuples », Chantal Delsol, philosophe, et le Père André-Marie Ponnou-Delaffon, théologien. Une des questions les plus débattues aujourd’hui, parmi les croyants comme parmi les athées, est l’apport de Paul à la réflexion sur l’universel. Comment s’inscrit-elle dans la tradition biblique ? Comment rencontre-t-elle l’héritage des Lumières et des autres traditions religieuses ? Qu’en est-il de l’universalisme aujourd’hui ?
Dimanche 22 mars 2009 : « La chair et l’esprit », Mgr Job Getcha, théologien orthodoxe et Mgr Pierre Debergé, théologien. L’anthropologie et l’herméneutique scrutent depuis deux mille ans les formules denses par lesquelles Paul exprime sa foi biblique et chrétienne en l’unité différenciée de l’être humain, homme et femme. Que disent vraiment ces textes ? Comment peuvent-ils nous guider aujourd’hui pour rencontrer les grandes questions que se posent la théologie et la culture contemporaine ?
Dimanche 29 mars 2009 : « Religion et politique », Marie-Françoise Baslez, historienne et le Pasteur Claude Baty. La situation historique de Paul et sa foi l’ont conduit à prendre position dans la question politique, voire théologico-politique. Comment sa réflexion nous concerne-t-elle aujourd’hui après tant d’avatars historiques du christianisme et au seuil d’un nouveau millénaire chrétien si différent ?
Dimanche 5 avril 2009 : « La connaissance mystique de Dieu chez le juif Paul , Cardinal André Vingt-Trois. Le sommet de l’apport de Paul à la pensée religieuse tient tout entier à son enracinement dans le judaïsme qui lui donne le goût et le moyen de scruter la plénitude de la révélation historique du Dieu d’Israël dans le Christ. A notre époque traversée par un recul sans précédent de la connaissance de Dieu, Paul se propose comme le partenaire d’une expérience renouvelée de la dialectique de la foi et de la raison.
Nous nous rappelons que toutes ces propositions, adaptées à chacun selon son propre itinéraire, répondent à un désir porté par nombre de croyants, de rencontrer Dieu, reconnaître sa tendresse, de se laisser aimer, de laisser rayonner son amour !
Pour sa part, le CETADNET propose pour ce temps de Carême des « méditations de la semaine », complétées d’une prière appropriée.