En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Les premiers retables, une mise n scène du sacré.

Publié le Vendredi 22 mai 2009

Les premiers retables, une mise n scène du sacré.

 Retable de Carrières sur Seine, milieu 12e, Musée du Louvre

 

Le musée du Louvre présente actuellement une superbe exposition d’environ 50 retables chrétiens du Moyen Age.

 

Le retable

 

  Le retable est un élément central du culte chrétien. A l’origine simple rebord situé à l’arrière de l’autel où l’on posait les objets nécessaires à la cérémonie de la messe, puis de reliquaires et de images destinées à la vénération ;  il devint un support idéal pour mettre en scène la vie et la Passion du Christ et accompagner le sacrifice eucharistique du rappel illustré des principaux épisodes célébrés par le culte chrétien.

 

Au XII e le retable est réalisé dans les matériaux les plus variés  (orfèvrerie, sculpture sur pierre, marbre, albâtre, bois, ivoire, peinture sur pierre ou sur bois. L’exposition voudrait faire comprendre la signification du retable en retournant à ses origines et en présentant son évolution jusqu’au XV e.

 

Il est difficile de donner une simple explication à la naissance des retables, toutes les hypothèses mettent en avant le rôle de l’image comme source d’enseignement. Dès les origines le retable se présentait comme un mur de scène en avant duquel se déroulaient les principaux actes de la liturgie.

Beaucoup de retables ont disparu pour des raisons variées (changements liturgiques, bouleversements ecclésiastiques etc..), mais il semble que les retables aient été nombreux dès avant l’an 1000 comme l’attestent les sources textuelles notamment.

 

 

Au XIIIe le retable prend un bel essor et se répand dans les églises les plus importantes de la chrétienté, généralement sous forme de retables sculptés. Parallèlement apparaissent les premiers retables à volets.

 

Au XIVe les retables connaissent un développement massif et les genres se multiplient ; Les ateliers parisiens produisent des œuvres raffinées pour des commandes princières, d’autres privilégient les retables à compartimentages ; mais aussi des retables plus simples voient le jour.

 

Au début du XVe apparaît une série de phénomènes nouveaux : la production de retables dans des ateliers situés dans divers lieux d’Europe (Angleterre, pays Bas, Italie), le développement en hauteur, en largeur et en complexité des retables gothiques tardifs notamment en Allemagne et en Espagne, ou au contraire retour à un espace unifié, le plus souvent pour les panneaux peints, en Italie par exemple.

 

Quant à sa fonction, elle n’a rien d’évident : s’agit-il de remplacer ou de compléter les devants d’autel moins visibles qu’auparavant à cause de changements liturgiques, d’englober les reliquaires jusqu’alors posés sur l’autel ou tout simplement de multiplier les images, dans une culture religieuse qui met l’accent sur celles-ci comme source d’enseignement ?

 

 

 

Comment définir la relation entre l’autel et le retable ?


Dans quelle mesure le retable  qui au départ était censé valoriser l’autel et exprimer le sens de l’eucharistie en le glorifiant, a pu présenter le risque  d’une véritable concurrence visuelle. En effet l’attention pouvait se trouver divisée entre l’attrait  exercé par le retable comme œuvre d’art et l’action du prêtre à l’autel, fût-ce au moment où il accomplit le geste solennel de l’élévation de l’hostie consacrée.

 

Dans l’Antiquité l’autel servait à poser les objets de sacrifice, dans le culte chrétien il n’y a que le partage du pain ; l’autel céleste de l’Apocalypse, est le symbole qui désigne le Christ lui-même (rappelons que le jeudi saint on dépouille l’autel, symbolisme du dépouillement de  Jésus pour la Passion). L’autel est sacralisé, ce qui n’est pas le cas du retable.

 

Il est rare que le décor du retable ait un contenu eucharistique, mais François Boespflug attribue cinq grandes catégories théologiques du décor du retable.

- Un décor théophanique, permettant au prêtre de visualiser le rapport qu’il instaure avec Dieu.

- Un décor théologique avec la représentation du Christ en croix, de manière plus ou moins simple, passion du Christ  jusqu’au du trône de grâce

- Un décor ecclésiologique, avec les représentations de la Pentecôte, notamment

- Un décor mariologique, très fréquent : Marie présentant l’Enfant Jésus, évoquant le dogme de l’Incarnation.  Un très bel exemple est présent à l’exposition, le retable de Carrières sur Seine (XIIe)

- Un décor représentant la vie du Christ et la vie des saints, et le lien avec l’eucharistie est de plus en plus lâche.

 

Ainsi le couple autel / retable a existé jusqu’au 18e et aujourd’hui le retable a disparu. Le recueillement est indépendant du visuel. Pour la liturgie c’est l’autel qui est important, ce qui se passe à l’autel ne se voit pas.

Les églises actuellement ont la volonté de remettre en valeur le patrimoine culturel du lieu et de présenter les œuvres d’art qui peuvent inciter à la prière, même sans lien formel avec l’autel.   

Posez-nous votre question

Articles récents

Opposons à la haine l’exigence de concorde
Opposons à la haine l’exigence de concorde
Publié le Mercredi 18 octobre 2023
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, 18 – 25 janvier 2023
Bonne Année
Bonne Année
Publié le Dimanche 1er janvier 2023
L'Ukraine
L'Ukraine
Publié le Mardi 8 mars 2022
Tous les articles
cours en ligne

Pour aller plus loin, participez à nos cours en ligne

Voir les cours

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2026 - Tous droits réservés