En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

A propos des sectes

Publié le Samedi 18 juillet 2009

 A propos des sectes

 

Plusieurs commissions d'enquêtes ont été initiées depuis le début des années 80 à l'Assemblée nationale afin d'enquêter de manière plus approfondie sur le phénomène sectaire. Le gouvernement s'est également doté d'un nouvel organisme interministériel appelé "MILS" quand il était question de « lutte contre les sectes » puis "MIVILUDES" pour « réprimer les dérives sectaires ».

 définition des sectes

Les sectes ont existé de tout temps et c’est par une lecture historique que l’on peut dire que tel ou tel mouvement fut  sectaire ou non. Une définition de la secte est difficile précisément parce qu’elle fait intervenir la liberté des personnes qui en font partie et ceci dans un monde où la pluralité est devenue un maître mot. La liste établie par la commission parlementaire en 1995 de 173 mouvements sectaires est une liste très discutée, au point qu’en 2009 aucune autre liste ne fut publiée à cause des tensions au sein du gouvernement. Au cours de l’histoire la catégorie « secte » a aussi évolué. Historiquement, jusqu’en 1970, les sectes étaient définies par rapport à l’Église catholique qui les jugeait suivant ses critères. Nous ne devons pas oublier qu’à l’origine les chrétiens étaient vus comme sectaires par rapport à la religion juive et plus tard par les autorités romaines. Faudrait-il conclure que le sectaire serait ce qui n’est pas conforme à une opinion majoritaire ou en termes actuels, politiquement et moralement correct ? La question n’est pas si simple, car d’un pays à l’autre, donc en fonction des cultures, le jugement porté peut être très différent. Personne ne peut être indifférent face aux sectes, car il s’agit des libertés individuelles dans un contexte donné. Une conséquence paradoxale de la laïcité en France est que notre pays est le plus engagé dans la lutte anti-secte. La neutralité de l’État face à toute forme de religion produit une forme d’humanisme sécularisé qui devient norme. L’État ne peut alors que rentrer en contact qu’avec des religions historiquement constituées et organisées suivant les lois (Séparation de l’Église et de l’État et loi sur les associations). En dehors de ce cadre légal, toutes organisations de type religieux sont douteuses. Dans ce contexte, la France s'est engagée dans une lutte dont l'objectif fut d'abord de « lutter contre les sectes » puis « de réprimer les dérives sectaires ». La France est un pays laïc dont l'État doit respecter tous les cultes et n'en reconnaître aucun, ces mouvements sont donc licites et seuls leurs délits sont répréhensibles. Le problème se déplace donc sur les conséquences civiles d’appartenance à une secte et non sur leur fondement idéologique. Ceci explique non seulement la difficulté de lutter contre les sectes, mais aussi le malaise qu’il y a dans toute procédure judiciaire. Les services de l’État ont essayé de définir ce qui est sectaire de ce qui ne l’est pas. On peut les résumer suivant cette liste :

1- déstabilisation mentale

2- Le caractère exorbitant des exigences financières

3- La rupture induite avec l'environnement d'origine

4- Les atteintes à l'intégrité physique

5- L'embrigadement des enfants

6- Le discours plus ou moins anti-social

7- Les troubles à l'ordre public

8- L'importance des démêlés judiciaires

9- L'éventuel détournement des circuits économiques traditionnels

10- Les tentatives d'infiltration des pouvoirs publics

 La  MIVILUDES

La  MIVILUDES a constaté dans son dernier rapport un déplacement dans les dérives sectaires, en particulier celles qui touchent au bien être des personnes et à l’augmentation de leurs performances. C’est un marché florissant dans notre monde compétitif qui exige des personnes un dépassement permanent avec tous les risques de stress que cela implique. Rester dans la course en développant son énergie interne, éviter l’angoisse de la mise hors compétition, sont les moteurs de ces groupements qui cherchent d’abord à valoriser les personnes pour qui « seules les mauvaises notes comptent ». La première démarche prosélyte, d’un adepte d’une secte, est de valoriser la personne en état de faiblesse. Cette étape est le point d’ancrage de la manipulation mentale. La prise en compte d’une « thérapie spiritualiste » demande un investissement personnel important qui se mesure par des engagements financiers. Ne pas le faire, c’est s’enfermer dans la culpabilité et s’assurer de son échec. Sous l’autorité d’un « gourou » quel qu’il soit dans une structure hiérarchisée, la machine se met en marche pour mettre en état de dépendance la personne persuadée que ses difficultés viennent d’elle-même et de la société. Dans tous les cas la distance critique du sujet est supprimée et le raisonnable est alimenté exclusivement par des données « psy » qui sont prouvées scientifiquement bien évidemment. La « spiritualité » ne sert qu’à théoriser la démarche qui ne peut être que lente et progressive. Nous noterons que les « spiritualités » des sectes sont d’une grande pauvreté spéculative.

la scientologie

Dans le cas précis de la scientologie, tous les ingrédients sectaires sont présents de manière ordonnée. On entre  en scientologie comme on entre en religion et les scientologues l’affirme fort et clair. L’ambiguïté et savamment entretenue pour justifier l’investissement personnel.

Dans le procès en cours, les scientologues s’affirment être des « religieux » dans une structure qu’ils appellent église par analogie avec l’Église, ce qui a pour but de mettre en porte à faux les magistrats, puisque l’État n’a pas à prendre partie sur des options personnelles religieuses ou philosophiques. Il ne reste plus pour l’accusation que de s’appuyer sur les dérives sociales, dérives jugées sur des critères normatifs reconnus par l’ensemble de la société. La voie et étroite et complexe car la notion de manipulation mentale introduit de l’arbitraire. Quel que soit l’issue du procès, le résultat sera décevant car il existera toujours des personnes prêtes aux sujétions psychologiques et soumises aux abus de faiblesse.

 L’Église catholique

L’Église catholique a eu et aura encore à lutter contre les dérives sectaires en son sein. La vigilance des évêques est extrême, car ils sont responsables et garants de la foi dans leur diocèse. Les critères d’engagement (prêtes, religieux ou laïcs) sont fondés sur la liberté des personnes, c'est-à-dire sur la possibilité de dire « non », le facteur temps, la prise de décision peut durer plusieurs années, l’intégration dans le monde tel qu’il est, et la multiplication des formateurs afin d’éviter l’effet « gourou ». En effet le propre du témoignant est d’être transparent devant le message qu’il transmet. Le témoin ne transmet que ce qu’il a reçu, le contenu ne lui appartient pas. La tradition de l’Église est riche de mouvements, d’organisations, de congrégations et d’ordres, pour s’adapter aux désirs libres de chacun. Dans tous les cas, c’est le même Seigneur pour tous.

« Mais je vous exhorte, frères, au nom de notre Seigneur Jésus Christ: soyez tous d’accord, et qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous; soyez bien unis dans un même esprit et dans une même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des discordes parmi vous. Je m’explique; chacun de vous parle ainsi: "Moi j’appartiens à Paul. -Moi à Apollos. -Moi à Céphas. -Moi à Christ." Le Christ est-il divisé? Est-ce Paul qui a été crucifié pour vous? Est-ce au nom de Paul que vous avez été baptisés? » (1 Cor 10-13)

 

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