En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mardi 4 août 2009
Sano di Pietro (1405-1481) L’assomption de la Vierge, 1448-1452
Le musée Jacquemart André à Paris accueille dans ses locaux déjà consacrés à l’art italien, la magnifique collection du musée d’Altenbourg, ville de l’Est de l’Allemagne. Ces œuvres exceptionnelles ont été réunies au XIXe siècle par Bernard von Lindenau. Le contexte politique de la guerre froide en avait empêché l’accès.
Toutes les peintures datées de la seconde moitié du XIII e à la fin du XVe, ont été réalisées par des artistes qui ont directement précédé le renouveau de la Renaissance. Le style semble concilier la sobriété de la composition et le raffinements des détails, la puissance mystique des scènes et le chatoiement des couleurs, la douceur des regards et l’expressivité des figures.
A partir du XIIIe la peinture sur panneau connut un essor exceptionnel en Italie. Cela est dû à l’afflux d’icônes byzantines et la présence d’artistes grecs surtout après le sac de Constantinople de 1204. Dans les églises les représentations de saints se substituent à, leurs reliques. Sous l’impulsion des nouveaux ordres mendiants, franciscain et dominicain, les images de la Vierge se monumentalisent. Les panneaux de dévotion privée se multiplient, invitant le croyant à imiter un Christ humanisé. Il y eut également l’installation temporaire puis permanente de panneaux sur les autels, panneaux dont la taille augmentera jusqu’à atteindre les proportions du polyptyque, inconnu en Orient. L’urbanisation croissante, le développement des nouvelles classes sociales, petite et grande bourgeoisie, impliquées à des degrés divers dans la vie civique, la valorisation de l’action humaine, la conscience historique et la conscience de soi qui en découlent, ont modifié les attentes religieuses.
Au XVe la raffinement du style siennois rencontre le mouvement du gothique international. Puis les artistes siennois continuèrent dans la même tendance et finirent par faire figure d’archaïques !
Au XIVe Bernardo Daddi produit des panneaux dans la mouvance de Giotto. Sa Crucifixion est très originale du fait de la puissance de son coloris et de sa verve narrative. Le gothique international apparaît aussi à Florence notamment avec Lorenzo Monaco : La fuite en Egypte (1405-1410) est un modèle d’élégance fondé sur un rythme linéaire et une subtilité chromatique.
Fra Angelico, à la même époque, démontre que la poésie si particulière de sa peinture peut être associée à une compréhension des innovations artistiques d’Alberti. Cela se voit dans sa Preuve par le feu (1429) : illustration d’un épisode de la vie de saint François traversant pieds nus un feu devant le sultan.