En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

ANNEE DU SACERDOCE

Publié le Lundi 19 octobre 2009

ANNEE DU SACERDOCE

  

Dans le cadre de l’année du sacerdoce, le CETADNET propose une série d’articles donnant des points de vue différents  : témoignages, réflexions, etc..

Le Père Anglarès , responsable de la maison d’Eglise de la Défense, Notre dame de Pentecôte, curé de la paroisse de Saint Adrien à Courbevoie (Hauts de seine) :

 

« Le Pape Benoît XVI a déclaré l’année 2009-2010 « l’Année du Prêtre. Si nous voulons aborder ce s u j e t a v e c s é r é n i t é e t objectivité, il importe de le situer dans une perspective ouverte qui ne considère pas le prêtre comme un « en-soi » se suffisant à lui-même mais c comme un être de relations avec ses contemporains, les fidèles de son Eglise dont fait partie le clergé…et bien sûr avec Dieu.

 

Ces relations interfèrent les unes sur les autres, ce qui explique les différentes figures de prêtre apparues au cours de l’histoire et à travers l’espace.

 

Comme tout être humain, a fortiori baptisé, il est appelé à aimer Dieu et son prochain à la suite et à l’exemple de Jésus-Christ. Avec tous les fidèles, il participe à la communion des saints. Comme chacun, il est appelé à remplir une mission pour témoigner de l’amour de Dieu pour tous. Sa spécificité se caractérise par le fait d’être au service de toutes les autres vocations humaines, en ayant le souci de les orienter et de les soutenir vers la constitution du Peuple de Dieu, l’édification du temple de l’Esprit, et l’avènement du Corps du Christ : « Avec vous je suis chrétien, pour vous je suis Evêque » disait en son t e m p s St Augustin.

 

Le concile Vatican II, avant de parler du prêtre, a mis en valeur la dimension sacerdotale de toute l’Eglise, prêtres et laïcs (cf. Lumen Gentium § 1 0, P r e s b y t e r o r u m Ordinis §2) s’appuyant sur la première Épître de Pierre - v 5-9 « Mais vous, vous êtes la race élue,

la communauté sacerdotale du roi, la nation sainte, le peuple que Dieu s ’es t acquis pour que vous proclamiez les hauts faits de Celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. »

 

Dans le paragraphe 10 de Lumen Gentium, le Concile distingue le sacerdoce commun des fidèles du sacerdoce ministériel ou hiérarchique. Et d’affirmer leur " différence essentielle et non seulement de degré " tout en étant " ordonnés l’un à l’autre".

 

Leur interdépendance est constitutive de la vie de l’Eglise. Côté degré, s’il faut mettre l’un des

deux au-dessus de l’autre, bien que cela n’ait guère de sens au regard de l a charité, c ’ est le sacerdoce commun qui doit perdurer jusque dans la vie éternelle, le sacerdoce ministériel n’ayant alors plus de raison d’être puisque « Dieu sera tout en tous » ( 1 C o r i n t h i e n s 1 5 / 2 8 ), (Colossiens 3/11.

 

Quant à l’adjectif « essentielle », il signifie une différence de nature dans l’exercice des deux sacerdoces, mais non la supériorité de l’un sur l’autre.

 

Le Nouveau Testament nous réserve une petite surprise : les prêtres c h r é t i e n s n e s o n t p a s appelés… "Prêtres" (hiereus en grec) mais "Anciens" (presbuteroï. Le mot hiéreus (personnage sacré) désigne les prêtres païens et juifs dans la mesure où ils sont considérés comme des intermédiaires entre Dieu, ou les dieux, et l’homme. Le terme "Ancien" ne désigne pas  intermédiaire mais un responsable de communauté, dont il fait lui-même partie,

chargé de l’animer dans un esprit de sagesse s’inspirant de celle de Dieu. Dès lors, toute

spiritualité tendant à sacraliser la figure du prêtre est au pire païenne ou au mieux,

ne dépasse pas l’Ancien Testament.

 

Le Christ, l’unique « Grand Prêtre » ainsi désigné par l’auteur de la lettre aux Hébreux,

n’a pas appartenu à la tribu de Lévi, celle du clergé de l’époque, mais à la tribu de Juda.

De même, il n’était pas affilié au groupe des sadducéens, le parti des prêtres juifs qui lui

fut des plus hostiles. Si nous transposons notre vocabulaire à ce temps-là, on peut dire

qu’Il était un parfait laïc…Mais ne faisons pas d’anachronisme. Cherchons surtout à rendre

notre Eglise plus évangélique et donc plus crédible pour notre monde contemporain,

y compris dans la manière d’exercer et d’inventer les ministères dont elle a besoin

aujourd’hui pour accomplir sa mission confiée par Jésus-Christ. »

 

 

 

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