En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mardi 1er décembre 2009
La foule en attente du Messie
Pieter Bruegel l’Ancien (1525-1569). La Prédication de saint Jean-Baptiste. vers 1566. Szepmuveseti Muzeum, Budapest, Hongrie.
Avent 2009
Le temps de l’espérance (Lc 21,5-38)
Il n'est pas trop tôt pour commencer à se préparer à la grande fête de Noël, déjà les lumières scintillantes commencent à envahir nos villes.
Pourtant nous sommes submergés et nous sommes éprouvés dans notre vie quotidienne par la CRISE. Cette crise prend des formes les plus variées, financière, économique, sociale, écologique. Qu’espérons-nous alors ? Une fuite en avant ? Une recherche effrénée de la croissance avec le risque d’une augmentation des inégalités, de violence ?
L’évangile nous propose autre chose, de choisir de vivre dans la confiance et l’espérance !
Le temps de l’Avent et de Noël est précisément celui où Dieu nous rejoint et nous parle d’espérance. Cette espérance questionne directement nos modes de vie, nos façons d’être au monde. N’est-il pas temps de chercher à s’engager pour une vie nouvelle.
L’interdépendance en notre monde globalisé nous oblige de fait à des solidarités concrètes. Il nous est proposé de choisir la paix envers la planète et entre tous ceux qui la peuplent et de célébrer tous ensemble Celui qui est venu à notre rencontre, qui est Emmanuel, Dieu avec nous.
Luc déjà à son époque, place dans la bouche de Jésus un discours apocalyptique (Lc 21,5-38) , annonçant un moment de grands bouleversements et en même temps mettant en garde contre les faux messies et contre les annonces prématurées et catastrophiques de la fin : « il faut que cela arrive d’abord, mais ce ne sera pas tout de suite la fin » (Lc 31,9). Luc annonce précisément la chute de Jérusalem « encerclée par des armées » (Lc 21,20). En 70 l’armée romaine a pris Jérusalem après un siège terrible de plusieurs mois, la ville a été largement détruite et le Temple brûlé, les derniers résistants juifs ont été chassés. Mais Luc qui écrit après les années 70, sait qu’après la chute de Jérusalem s’est ouvert un temps où l’Evangile commence à être largement annoncé auprès les nations païennes. Espérance bien réelle. C’est le programme de la mission donnée à tous les disciples, tant ceux d’hier que ceux d’aujourd’hui. La prise de Jérusalem est un événement atroce, et pourtant, ce n’est pas la fin du monde, l’avenir reste ouvert à tous, et tous sont appelés à se tourner vers Dieu.
Au coeur du message apparaît la tranquille confiance : Levez les yeux ! le Royaume de Dieu est proche, la Parole ne passera pas.
Luc insiste sur la persévérance et la prière « c’est par votre persévérance que vous obtiendrez la vie », « restez éveillés et priez en tout temps » (Lc 21,36).
Quelques soient les circonstances et les temps, la persévérance dans la prière gardera les disciples dans l’attente urgente de Celui qui vient.
Luc transcrit ici la promesse du renouveau dont l’attente de Noël (l’avent) est le rappel.
Il nous est proposé d’entrer franchement dans ce temps de l’Avent qui nous est donné pour veiller, espérer , dans et malgré les crises et les moments de détresse, et pour ouvrir le chemin au Seigneur qui vient à notre rencontre.
Les disciples Pierre et Paul nous y invitent clairement :
« Ce que nous attendons, selon la promesse du Seigneur, c’est un ciel nouveau et une
terre nouvelle où réside la justice. » (2 P 3, 13)