En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Da Vinci Code et Marie Madeleine

Publié le Jeudi 7 octobre 2004

Da Vinci code est un roman attractif, passionnant et qui à juste titre trouve un succès mondial. L’intrigue rebondit sans arrête, le lecteur se prend au jeu pour deviner les significations multiples des énigmes proposées. Oui on ouvre le livre et ne le referme qu’après avoir avalé les quelques 600 pages ! Les ventes sont spectaculaires, le film est en cours de réalisation et le plus étonnant ce sont les voyages organisés tant à paris, qu’à Londres ou Rome pour « vérifier » les vestiges évoqués dans le roman qui ont entraîné de très nombreux touristes. Où est le sol de granit, le temple païen dans la crypte de l’église Saint Sulpice ? la réglette de laiton que l’on peut voir dans l’église ne correspond pas à la ligne du méridien de l’observatoire mais fait simplement partie d’un instrument scientifique !

Quel mystère dévoilé ! Jésus aurait eu avec Marie Madeleine de nombreux enfants qui seraient les ancêtres de Mérovingiens ! l’auteur, Dan Brown, professeur d’anglais et diplômé en histoire de l’art est fort habile. Il fait intervenir les grands de ce monde comme Léonard de Vinci, George Washington ou Benjamin Franklin et leur ambition de créer un Etat mondial unique, un nouvel ordre laïque fondé sur la science. Brown truffe son récit d’anagrammes, de messages codés. Michel Quesnel, recteur de l’Université catholique de Lyon, estime « qu’il se contente de recycler tous les poncifs de l’imaginaire religieux. Les Templiers, les cathares, les manuscrits de la Mer Morte, les secrets enterrés dans les caves du Vatican. Il ne manque plus que le frère jumeau de Jésus. »

Le succès du livre est tel que aux Etats Unis, les théologiens et les universitaires contre attaquent. Une dizaine de livres a déjà été publiée à ce sujet. Et les hypothèses sont décortiquées les unes après les autres en particulier la fameuse société secrète du prieuré de Sion fondée en 1099, mais dont les statuts ont été déposés le 7 mai 1956 dans une sous-préfecture de Haute Savoie.

Marie Madeleine a toujours intrigué. Elle est pécheresse, aime le luxe et l’oisiveté, elle a le privilège d’oindre Jésus, d’être pardonnée pour justement avoir « trop aimé ». Déjà les Pères de l’Eglise ont cherché à éclaircir le mystère de cette femme qui suit Jésus, et qui sera le premier témoin de la Résurrection avant même les disciples. Ensuite la tradition populaire a prolongé son histoire, toujours pour tenter de discerner qui elle pouvait être.

Selon les évangélistes elle est témoin de la Résurrection, et Luc raconte que les apôtres traitent de « niaiserie » les paroles des femmes qui annoncent la résurrection de Jésus, et Paul dans sa première lettre aux Corinthiens n’en parle même pas (1 Cor 5-6).

Aujourd’hui il ne semble plus permis de douter de la pluralité des personnages qui entrent dans la composition du mythe « Marie Madeleine », la pécheresse venue chez Simon le pharisien (Lc 7, 36-50), la sœur de Marthe à qui Jésus reconnaît la meilleure part ( Lc 10,38-42), la sœur de Marthe et Lazare (Jn 11,3-43) et l’auteur de l’onction de Béthanie ( Jn 12, 1-11), sans oublier la pécheresse aux 7 démons (Lc 8,1-3), qui suivra son maître sur les chemins de Judée, qui se trouvera aux pieds du Golgotha avec Marie et retournera au lieu d’ensevelissement pour découvrir le tombeau vide..
Donc devant cette diversité, le scepticisme et la prudence des Pères ont été de règle. Et les opinions sont variées.

Au-delà de ces débats exégétiques et théologiques, des légendes se sont forgées autour de Marie Madeleine, notamment au 11e à Vézelay grâce à la présence de reliques qui lui sont attribuées, puis au 13e à St Maximin en Provence où les moines devaient redécouvrir la « vraie » tombe de Marie Madeleine.

La tradition raconte que Marie Madeleine après avoir débarqué en compagnie des autres Marie et de Lazare, sur la plage désormais nommée « les saintes Marie de la Mer » est allée évangéliser à Aix puis s’est retirée pour vivre en pénitente les 30 dernières années de sa vie à la Sainte Baume en Provence. C’est un lieu de pèlerinage depuis le 13e et source d’inspiration pour de nombreux peintres.

Marie Madeleine a toujours intrigué, inspiré les poètes, les peintres, les sculpteurs. Ils découvrent autant la pécheresse que la convertie. A elle seule Marie Madeleine est une des « grandes images possibles de l’humain », résume Marguerite Yourcenar (1903-1987). Sortie de l’Evangile, Marie Madeleine fonctionne à la manière d’un mythe.


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