En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Vendredi 26 novembre 2004
Près d’un millier de personnes étaient rassemblées le 21 novembre dernier dans la grande salle de la Cité des sciences à La Villette pour fêter le lancement de l’association d’amitié judéo-musulmane de France.
L’association se veut être le début d’un long chemin de dialogues entre juifs et musulmans.
« Il faut dire aux jeunes citoyens juifs et musulmans de France, de sortir de leur ghetto, d’aller les uns vers les autres ». Cette amitié devrait se concrétiser par la création d’antennes dans toute la France.
Michel Serfaty est l’un des instigateurs de cette journée, il est rabbin de Ris-Orangis (Essonne) et dirige la communauté juive de l’Essonne depuis plus de 15 ans. Dès juillet 2003, il avait fait venir au Consistoire de Paris une trentaine de représentants musulmans, et, depuis, malgré les sceptiques, il s'est assuré de larges soutiens dans les deux communautés.
Le colloque qui réunissait des personnalités juives, musulmanes et chrétiennes (Mgr Olivier de Berranger, évêque de Saint Denis a été ponctué de « dialogues sur la fraternité » et sur « l’histoire du rapprochement des hommes et des religions. Pailleurs une exposition retraçait les traditions similaires de chaque croyance ; par exemple des panneaux étaient consacrés à l’histoire de la synagogue et à coté l’histoire de l’origine des mosquées.
"L'amitié est une construction en permanence. Chacun de nous appartient à une tradition. La relation de justice avec l'autre n'est pas à géométrie religieuse variable, elle est constante", dit à la tribune Tareq Oubrou, imam de Bordeaux (Gironde).
Sans prétendre que "tout va bien", les intervenants veulent surtout dire, à l'instar de David Messas, grand rabbin de Paris, que "juifs et musulmans ont beaucoup de choses en commun".
Plutôt que de se lancer dans l'apologie des religions, il a été souligné que L'"amitié" ne doit pas commencer par la relecture d'histoires douloureuses, mais par une réflexion sur la responsabilité commune des religions, le devoir qu'elles ont d'apporter de la "fraternité"au mouvement d'une société qui revendique toujours plus de liberté.
"C'est un moment de joie et de partage. Cette nouvelle association est ce dont nous avions besoin", se félicite à son tour Mgr Olivier de Berranger, tandis que Nicole Guedj applaudit ce "combat de longue date", qui prend la forme d'un "front uni" contre l'intolérance. Une intolérance qui, renchérit Tareq Oubrou, est le signe "de la fragilité et du doute".
L'association d'amitié judéo-musulmane de France n'a pas encore officiellement d'adresse. Mais, "elle ne sera hébergée par aucune des trois religions monothéistes. Nous chercherons un lieu neutre pour donner aux adhérents la liberté d'opinion" promet Michel Serfaty.
Eitima et amitié (l'arabe, comme l'hébreu, se lit de droite à gauche). C’est sous ce signe, que l'Amitié judéo-musulmane de France (AJMF) est née, plus de cinquante ans après la création de l'Amitié judéo-chrétienne.
Voilà une initiative qui souligne que la paix passe par l’existence de petites communautés locales de ce genre, que le dialogue ne peut venir que par la base.
Bientôt vous pourrez lire d’autres articles qui s’inscrivent dans le cadre d’une réflexion plus large autour de l’existence des religions au sein des lois de la République.