En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mardi 18 janvier 2005
Cette année, comme chaque année, nous célébrons du 18 au 25 janvier la semaine de prière pour l’unité des chrétiens.
Rappelons que dès le XVIIIème siècle et au long du XIXème siècle, il existe quelques initiatives, venues de protestants, d’anglicans, de catholiques, invitant à prier pour l’unité de l’Eglise. Mais l’actuelle semaine de prière, du 18 au 25 janvier pour cette année 2005, date de 1935. Elle a été lancée à’initiative de l’abbé Paul COUTURIER (1881-1953), un prêtre lyonnais que rien ne semblait prédisposer à devenir l’un des apôtres de l’unité chrétienne, en un temps où l’œcuménisme n’avait rien d’une évidence. Ce n’est d’ailleurs que tardivement que l’abbé COUTURIER découvrit sa vocation œcuménique à l’issue d’une retraite qu’il fit au prieuré bénédictin d’Amay-sur-Meuse (Belgique) en 1932. Paul COUTURIER invitait tous ceux pour qui la division des chrétiens était un « scandale » (Cf. 1 Co 1) à prier pour qu’advienne l’unité des chrétiens, et selon sa formule « quand Dieu voudra et par les moyens qu’Il voudra ». Outre la prière pour l’unité des chrétiens, le Père COUTURIER est à l’origine du groupe des Dombes qui rassemble chaque année des théologiens des différentes confessions pour un travail commun. Ce groupe a ainsi élaboré un certain nombre de documents de base sur les questions discutées entre confessions chrétiennes.
Rappelons également que ce sont les protestants qui sont à l’origine du mouvement œcuménique au début du XXème siècle. Ils seront rejoints par les chrétiens orthodoxes et c’est à l’issue de la deuxième guerre mondiale que sera créé le Conseil Œcuménique des Eglises (COE). A cette époque, dans le monde catholique seuls quelques pionniers (en France, le dominicain Yves CONGAR) ont envers et contre tous frayé la voie de l’œcuménisme. C’est Jean XXIII qui ouvrira l’Eglise catholique à la dimension œcuménique dans laquelle, quelles que soient les difficultés de parcours, elle s’est engagée de façon irréversible.
Soulignons que ce qui nous rassemble est plus important que ce qui nous divise. En effet, nous pouvons en vérité professer ensemble le même Credo, dans la formulation de Nicée-Constantinople (la formule longue de la messe catholique). Nous nous référons pratiquement aux mêmes Ecritures et nous nous accordons à reconnaître dans la foi que cette parole humaine des Ecritures est aussi Parole de Dieu. Cette référence implique un certain nombre de pratiques chrétiennes liées à l’amour du prochain. Tout cela, dont nous n’avons pas toujours assez conscience est considérable. Répétons-le ce qui nous rassemble est beaucoup plus important que ce qui nos divise, mais ce qui nous divise encore ne doit pas être édulcoré sous prétexte d’unité. On l’a souvent dit rien n’est plus éloigné d’un véritable œcuménisme qu’une recherche de l’unité qui se ferait « par le bas », au prix de ce qui nous différencie. Car l’unité n’est pas l’uniformité et l’unité véritable pâtirait de gommer nos différence significatives. Comme le montre l’accord avec les luthériens de 1999, c’est à l’intérieur d’une même foi, que les uns mettent l’accent sur tel point et les autres sur tel autre point. Le mystère de Dieu est, en effet si grand qu’il laisse de la place à bien des manières différentes d’être chrétien.
On entend parfois dire que l’œcuménisme piétine. Mais demandez-vous plutôt « qui » dit cela, ou peut-être plus exactement « qui » a intérêt à dire cela ? Comme si l’œcuménisme pouvait être tout à fait du même ordre qu’un projet seulement humain dont on suit l’avancement sur un planning. Redisons ici avec confiance, dans la foi, la formule de Paul COUTURIER sur « l’unité que veut le Christ, par les moyens qu’il veut ». Cela dit, il demeure que rien n’est plus faux que de dire que l’œcuménisme piétine. Il n’est que de mesurer le chemin parcouru depuis une cinquantaine d’années sur le chemin de l’unité, les multiples accords qui ont pu en vérité être acquis, la volonté « irréversible » des Eglises, la connaissance mutuelle, qui permet de faire peu à peu tomber tant d’incompréhensions ou de préjugés (sur ce point il reste certes du travail à faire), tant de domaine où existe une volonté de travailler ensemble. Sans doute les choses ne vont-elles pas aussi vite que nos désirs. C’est que le chemin est plus difficultueux que nous ne l’appréhendions d’abord et que la conversion qu’il présuppose ne dépend pas entièrement de nous.
Il n’est plus possible aujourd’hui d’être « chrétien » sans porter en nous, douloureusement, ce scandale de la division des chrétiens. La semaine de prière pour l’unité est ainsi pour chacun de nous un moment privilégié pour, si besoin est, remettre en route le travail œcuménique dans la prière, dans le travail biblique et théologique, dans l’action.
Le thème retenu cette année est extrait de la 1ère épitre aux Corinthiens : « le Christ unique fondement de l’Eglise ».
La semaine universelle de prière pour l’unité est d’abord un état d’esprit. Il s’agit de s’inscrire chacun à partir de son appartenance confessionnelle, dans la prière de Jésus, telle que rapportée en Jean 17,21 : « Que tous soient un, comme toi, Père tu es en moi et que je suis en toi, qu’ils soient en nous eux aussi, afin que le monde croie que tu m’as envoyé ».
Si nous voulons prier ensemble par delà les limites confessionnelles (« pour l’unité des chrétiens ») et par delà les frontières nationales (« universelle »), il est bon de se donner des repères communs. C’est ce service que rend la Commission internationale commune au Conseil oecuménique des Eglises (COE) et au Conseil pontifical pour la promotion de l’unité chrétienne ». Cette commission nous propose pour la semaine de l’unité 2005 de méditer et de prier sur chaque jour sur les textes bibliques suivant :
Mardi 18 janvier : Appelés à la maturité spirituelle (1Co 3,1-4) :
Os 2, 21-25 – Ps 24 (23) – Col 1, 25-28 – Jn 15,1-8
Mercredi 19 janvier : Dieu donne la croissance (1 Co 3,5-9) :
Gn 1,26-2,9 – Ps 104 (103), 2-31 – Rm 8, 14-25 – Lc 8, 14-25
Jeudi 20 janvier : Christ est le fondement (1 Co 3,10-11)
Es 28,14-16 – Ps 118 (117), 16-24 – Ep 2,19-22 – Mt 7,24-27
Vendredi 21 janvier : Que l’on bâtisse sur ce fondement (1 Co 3,12-13) :
Ne 2, 17-18 – Ps 127 (126) – 1 Co 12,4-11 – Mt 20, 1-16
Samedi 22 janvier : Dieu juge nos efforts de bâtisseurs (1 Co 3,13-15) :
Gn 4,1-9 – Ps 51 (50), 1-4, 9-13 – Ph 2,1-5 – Mt 25, 14-30
Dimanche 23 janvier : Vous êtes le temple de Dieu (1 Co 3,16-17) :
Gn 1,26-27 – Ps 8 – 1P 2,9-10 – Mt 16, 2-27
Lundi 24 janvier : Folie et sagesse : la vie en Christ (1 Co 3,18-20) :
Jb 32,6-33,6 – Ps 14(13) – 1 Co 1, 17-31 – Mt 10, 17-25
Mardi 25 janvier : Vous êtes à Christ (1 Co 3,21-23) :
Es 44,1-8 – Ps 89 (88), 1-5 - Ap 4,1-11 – Mc 9,33-35.
“Afin que tous soient un“ , tel est le sens de cette semaine de l’unité.