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Fra Angelico et les maitres de la lumière

Publié le Mercredi 16 novembre 2011

Fra Angelico et les maitres de la lumière

Le musée Jacquemard André consacre une exposition à Fra Angelico (vers 1400-1455) et ses contemporains à la recherche de l'expression de la lumière. Y sont présentées 25 œuvres majeures de Fra Angelico . Elles sont étudiées en lien avec d'autres artistes contemporains : Lorenzo Monaco (vers 1370-1424), Masolino (1383-vers 1440) et Paolo Uccello (1397-1475). sont également présents à l'exposition des artistes qu’il a lui-même inspirés , tels que Filippo Lippi (1406-1469) ou Zanobi Strozzi (1412-1468).

 

Guido di Pietro est né à Vicchio du Mugello en Toscane, vers 1400. Il s'intéresse très tôt à la peinture. Il intègre à 20 ans l'ordre des Dominicains observants et devient Fra Giovanni (courant dominicain réformateur dit « de l'observance », avec des règles strictes et de pénitence, initié par saint Antonin de Florence, prieur du couvent san Marco, pour suivre la règle originelle de saint Dominique). Il est devenu Fra Angelico en raison de la haute spiritualité de sa peinture ainsi que de la profusion d'anges dans ses œuvres. Encouragé par ses supérieurs, Fra Angelico abrège ses études théologiques pour se consacrer exclusivement à la peinture, les dominicains considérant l'art comme un moyen efficace de transmettre la foi et la vérité. Enterré à Rome, il est béatifié en 1984 par le Pape Jean-Paul II, d’où son surnom italien de « Beato Angelico ». Il est le saint patron des artistes.

 

Le gothique international et la Renaissance

Alliant l'éclat des ors, hérité du style gothique à la nouvelle maitrise de la perspective, Fra Angelico a fait partie de ce mouvement qu'on a appelé « les peintres de lumière ».

Fra Angelico a su maitriser de nombreuses techniques, depuis le décor à fresque, on connait les merveilles du couvent San Marco de Florence, jusqu'à l'enluminure ou la peinture sur bois.

 

Afin de montrer les deux facteurs à partir desquels se constitue la personnalité artistique de Fra Angelico, l'exposition s'ouvre sur un scriptorium, présentant des manuscrits enluminés et des œuvres de Lorenzo Monaco qui montrent le passage de l'esprit gothique à celui de la Renaissance et l'évocation du contexte religieux de l'époque. C'est le retour à la rigueur, fondé sur un profond respect des règles monacales, l'obéissance, la chasteté et surtout la pauvreté.

 

Fra Angelico occupe une place bien singulière entre le Moyen Age finissant et l'aube de la Renaissance. C'est un moine peintre travaillant pour l'exaltation de sa religion, à tel point qu'il est parfois difficile de faire la part entre l'inspiration divine et ce qui relève de la seule création artistique. Cette exposition le confronte à ses contemporains, le montrant comme un véritable inspirateur, mais non comme un chef d'atelier comme il en existera plus tard dans les grandes villes italiennes. Sa personnalité est fascinante, il est habité par une intense spiritualité. Ses œuvres dont la puissance évocatrice et une profonde intériorité lui ont permis de traverser les siècles et d'influencer durablement la peinture occidentale.

 

La modernité

Dès le début de son engagement religieux, quasi parallèle à son activité professionnelle, qui n'apparait pas contradictoire, Fra Angelico est pleinement associé à la tradition du monde chrétien. Il sait s'ouvrir au monde qui l'entoure : Florence est certes une ville religieuse mais aussi un centre d'une activité économique qui l'appelle à jouer un rôle international.

Ainsi Fra Angelico donne à ses compositions une grande profondeur spirituelle. Les sujets qu'il traite relèvent de la tradition picturale religieuse, tout en proposant une représentation d' un monde réaliste soutenue par l'importance de la figuration humaine et la nouvelle maitrise des règles de la perspectives mises en valeur par Masaccio.

 

Dans sa modernité Fra Angelico reste aussi fidèle aux principes de la peinture religieuse médiévale, fonction didactique renforcée par la valeur mystique qu'il donne à la lumière.

 

Le « couronnement de la Vierge », montre dans la partie supérieure un fond or, caractéristique des arts traditionnels, l'assemblée de bienheureux qui entoure le Christ couronnant la Vierge, s' inscrit comme un diadème posé à plat autour du noyau central installé dans la profondeur du champ, et les figures au premier plan sont plus grandes que celles placées en arrière. Les personnages de cette foule d'anonymes sont animées de mouvements personnels qui permettent de les distinguer autrement que par l'attribut qu'ils portent. L'harmonie du tableau est souvent traitée d'angélique. Dans la prédelle (partie inférieure de l'œuvre) présentant des épisodes de la vie de saint Dominique Fra Angelico montre qu'il est aussi maitre des innovations que ses rivaux peintres de Florence : traitement de l'espace, art de la narration.

 

 

Une salle est dédiée aux Vierges d'humilité qui met en lumière l'évolution stylistique de Fra Angelico. La Vierge d'humilité est une représentation de la Vierge à l'Enfant, apparue dans les années qui suivent la grande peste de 1348. Elle remplace l'image de la Vierge de Majesté.

La Vierge Marie est assise sur le sol, sans trône, sur un parterre de plantes ou de tissus. Elle tient l'Enfant Jésus sur ses genoux, sur un linge souvent considéré comme une prémonition de son suaire, le fond est doré.

Avec les Vierges d'humilité Fra Angelico donne toute la mesure de son art : cette évolution stylistique répond à un besoin d'accentuer l'humanité des personnages divins afin de les rendre plus accessibles, représentation humanisante s'éloignant de l'art du Moyen Age.

 

 

 

 

L'exposition couvre la totalité de l'œuvre picturale de Fra Angelico, avec des œuvres représentatives de chaque période de sa carrière, et tenant compte de sa condition de religieux. Toutes les techniques que Fra Angelico a pratiquées, de la peinture à la miniature et un montage multimédia sur les fresques de San Marco à San Marco et au Vatican, est présenté en introduction à l'exposition. Le « prestige » de Fra Angelico est magnifiquement mis en valeur.

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