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“La Cité interdite au Louvre. Empereurs de Chine et rois de France”

Publié le Dimanche 18 décembre 2011

“La Cité interdite au Louvre. Empereurs de Chine et rois de France”

«Portrait de l'empereur Kangxi en tenue ordinaire», dynastie Qing, période Kangxi. Œuvre anonyme peinte dans les ateliers du palais.

 

L’exposition “La Cité interdite au Louvre. Empereurs de Chine et rois de France”, se tient du 29 septembre 2011 au 9 janvier 2012 au musée du Louvre présentant une sélection d'objets provenant du palais impérial de Pékin.

 

C'est l'occasion entre autres de faire revivre les échanges scientifiques et culturels noués avec les jésuites sous Louis XIV.

L'empereur Kangxi (dynastie Qing Kangxi) (1662-1722), était très cultivé, et tout en laissant la Chine ouverte aux influences bouddhistes, s'est montré très ouvert sur l'Occident. Contemporain de Louis XIV, il accueille des jésuites à la cour et s'intéresse à leurs connaissances scientifiques (mathématiques et astronomie) et culturelles. Il créée à la Cité Interdite des ateliers regroupant des artistes tant chinois qu'européens, contribuant à un style métissé pour les portraits comme pour les paysages.

 

 

Le jésuite le père Bouvet (1656-1730) a publié en 1697 un portrait littéraire de l'empereur, ce qui a popularisé la personne de Kangxi dans toute l'Europe. L’ouvrage fut réédité à Paris trois années de suite, traduit en latin par Leibniz, en anglais, en néerlandais, en italien. Kangxi avait alors quarante-quatre ans et régnait depuis trente-six ans.

Le Père Bouvet était devenu le correspondant de l'Académie des Sciences; il était parti en 1685 avec la première ambassade envoyée par Louis XIV au Siam (Thaïlande). Ce groupe, noyau fondateur de la mission jésuite française en Chine, avait ensuite voyagé de Siam en Chine, par ses propres moyens et avait été reçu par Kangxi le 21 mars 1688.
Le Père Bouvet avait donné en mandchou, avec le Père Jean François Gerbillon (1654-1707) des leçons de mathématiques à l'aide d'un manuel de mathématiques utilisé dans les collèges jésuites de la Compagnie.
 

Le Père Bouvet assure à Louis XIV que « le monarque a le bonheur de lui ressembler par plusieurs endroits » ! ressemblance physique puisque leurs visages portent les traces d'une variole enfantine qui fit redouter le pire à leurs entourages, ressemblance de tempérament par leur maitrise de soi et leur goût pour les arts, et ressemblance de destin. Tous les deux avaient été orphelins, avaient connu les difficultés d'une régence, et avaient très jeunes assumé des responsabilités de pouvoir; ce parallèle entre Kangxi et Louis XIVavait déjà déjà été évoqué par le père Verbiest (1623-1688) dans sa relation de voyage en Tartarie orientale (actuelle Mandchourie). Il évoque aussi le cadeau d'un veau marin (phoque) à l'empereur ! Et celui-ci demanda si les livres européens parlaient de cet animal. On lui apporta rapidement un livre de la bibliothèque des Jésuites qui représentait cet animal ! (traité du naturaliste Aldrovandi (1522-1605) publié à Bologne en 1613).

De fait l'intérêt pour les sciences de l'empereur Kangxi était bien connu en Europe à travers les écrits de Jésuites sur la Chine

Arrivés à la fin du XVIème siècle, les jésuites avaient depuis lors utilisé les sciences (notamment les mathématiques, l’astronomie, la cartographie) pour éveiller l’attention des élites lettrées chinoises, puis, avec la réforme du calendrier (1629-1635) pour approcher le pouvoir impérial.

Le calendrier promulgué en 1644 par Shunzhi , premier empereur de la dynastie Qing et père de Kangxi, était issu de cette réforme. Certains jésuites devinrent alors fonctionnaires au Bureau impérial d’astronomie. Le calendrier a une très grande symbolique, l'empereur étant garant de l'harmonie entre le Ciel et la Terre, mettait les activités humaines en harmonie avec les rythmes célestes. Il y eut des luttes entre certaines astronomes chinois hostiles les jésuites qui trouvèrent la mort !

Il y a 7 ans, en 2004, une exposition avait été présentée à Versailles : Kangxi, empereur de Chine, la cité interdite à Versailles, montrant les grands aspects du règne de l'empereur.

Cette année au Louvre, c'est la cité interdite elle-même qui est mise en scène, avec les grands empereurs qui ont dirigé la Chine depuis le 13e jusqu'au milieu du 19e.

 

Les cent trente œuvres majeures prêtées par la Chine – peintures, vases, coupes, laques, costumes d’apparat, tenues militaires ou calligraphies – sont mises en perspective avec les figures emblématiques de l’histoire impériale chinoise et les échanges qui ont existé entre la France et la Chine. Le parcours de l'exposition met en valeur ces rapports quotidiens des Empereurs aux œuvres d'art, à la science et à la littérature, ainsi 800 ans d'histoire sont présentés.

 

Le point d'orgue du parcours se situe autour de la personnalité de Qianlong (1711-1799), monarque absolu; lui-même peintre, calligraphe, collectionneur, il recueille dans ses palais les plus beaux fleurons de l'empire et attire des artistes occidentaux comme Giuseppe Castiglione (1688-1766) ou Jean Denis Attiret (1702-1788).

Le peintre milanais Giuseppe Castiglione (1688-1766) devint le peintre officiel à la cour en 1716. Il était jésuite et prit le nom chinois de Lang Shining et servira trois empereurs, notamment Qianlong dont le règne de plus de 60 ans constitue l'apogée de la dynastie Qing et qui était « un magicien de la culture, » comme le dit M. Desroches, commissaire de l'exposition.

 

Une importante collection de ces œuvres sont présentées, en particulier de magnifiques grandes peintures de chevaux.

L'exposition montre à la fois des merveilles de la Cité interdite et des œuvres chinoises conservées au musée du Louvre, comme par exemple les livres chinois de la bibliothèque du Roi ou de très beaux objets en porcelaine chinoise ayant appartenu à la reine Marie Antoinette.

 

Cette exposition est un des résultats de l'accord de partenariat signé en 2005 entre la Cité Interdite de Pékin et le Musée du Louvre.

 

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