En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mardi 24 janvier 2012
DOSSIER : la nouvelle évangelisation
Ce dossier se composera de 4 articles sur le thème de la nouvelle évangélisation, publiés sur le site CETADNET
« La parole de Dieu croît et se répand »
« La Nouvelle Évangélisation »
La situation de la foi dans les pays de l'ancienne tradition chrétienne est un grave sujet de préoccupation pour l'Église, pour le le Pape Benoit XVI et pour tous les chrétiens. Dans ses vœux à la Curie, le 21 décembre 2009, il avait déclaré : « Au dialogue avec les religions doit aujourd’hui s’ajouter le dialogue avec ceux pour qui la religion est une chose étrangère, pour qui Dieu est inconnu et qui, cependant, ne voudraient pas rester simplement sans Dieu, mais l’approcher au moins comme inconnu ».
Cette préoccupation est ancienne. Déjà le pape Paul VI, en 1974, présidait le synode sur l'évangélisation du monde contemporain, et en 1975 était publiée son exhortation apostolique « Evangelii nuntiandi » (effort pour annoncer l'Évangile aux hommes de notre temps), traitant de l'évangélisation et affirmant le rôle de tout chrétien dans la diffusion de la religion catholique. Cette exhortation donna un élan missionnaire nouveau à l'Église et inspira l'enseignement de Jean Paul II qui avait participé à sa rédaction.
En septembre 2010, c'est le tour de Benoit XVI d'écrire une lettre apostolique « ubicumque et semper » (L'Église a le devoir d'annoncer toujours et partout l'Évangile de Jésus Christ), par laquelle il institue le « Conseil Pontifical pour la promotion de la Nouvelle Évangélisation ».
Ce conseil, présidé par Mgr Rino Fisichella, se donne pour but de stimuler la réflexion sur les thèmes de la nouvelle évangélisation, d'identifier et de promouvoir les voies et moyens pour y parvenir.
Cette lettre débute ainsi : "L'Église a le devoir d'annoncer l'Évangile partout et toujours. Au long de son histoire, cela a revêtu des formes et des modalités différentes, selon les périodes, les contextes et les lieux. Aujourd'hui elle doit faire face au phénomène d'abandon de la foi qui grandit dans les sociétés et les cultures imprégnées depuis des siècles du message évangélique. Les récentes mutations de la société ont des causes complexes, enracinées dans le temps, qui ont profondément changé notre perception du monde. Si l'humanité a largement bénéficié de cette évolution, l'Église y a trouvé de nouvelles raisons d'espérance, même si elle doit enregistrer une préoccupante perte du sens du sacré allant jusqu'à remettre en question des principes fondamentaux qui semblaient acquis, tels la foi en un Dieu créateur et providentiel, la révélation de Jésus-Christ, sauveur unique, ou les points de la loi morale naturelle concernant la naissance, la mort et la vie familiale".
Le Père Cantalamesa, Capucin, né en 1934, Docteur en Théologie et en Lettres, et depuis 1980 Prédicateur de la Maison Pontificale prédicateur du Vatican, avait souligné trois obstacles de fond qui rendent de nombreux pays de tradition chrétienne « réfractaires » au message évangélique, le scientisme, le sécularisme et le rationalisme.
Une grande rencontre (8000 participants venus du monde entier) rassembla en octobre dernier de nombreux engagés de toutes les parties du monde dans cette tâche de nouvelle évangélisation : Échanges de points de vue et écoutes de témoignage sur le thème « De nouveaux évangélisateurs pour la Nouvelle évangélisation ».
Il a été notamment rappelé l'urgence de redécouvrir le kerygme de notre foi, Jésus est ressuscité., cette réalité surnaturelle qui s'incarne dans un homme concret.
Benoit XVI, en tant que nouvel évangélisateur, donne trois lois pour que la Parole de Dieu se répande dans le monde :
La première loi, c’est « la loi où les chrétiens se font serviteurs humbles de la « grande cause de Dieu, non propriétaires », « ne parlant pas en leur nom propre » ; l’évangélisation n’est jamais une affaire privée, car derrière il y a toujours Dieu et il y a toujours l’Église.
La deuxième loi ressort de la parabole du grain de sénevé. Celui qui annonce l’Évangile ne doit pas prétendre obtenir des résultats immédiats, ni qualitatifs, ni quantitatifs.
La troisième loi est celle du grain de blé qui meurt pour porter du fruit. Dans l’évangélisation, la logique de la croix est toujours présente.
« Le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui annoncent et témoignent que c’est le Christ qui nous enseigne l’art de vivre, le chemin du vrai bonheur, parce qu’Il est la route de la vie. Le monde d’aujourd’hui a besoin de personnes qui parlent à Dieu, pour pouvoir parler de Dieu. Et nous devons aussi toujours rappeler que Jésus n’a pas sauvé le monde par de belles paroles ou des moyens tapageurs, mais par sa souffrance et par sa mort. »
De cela, nous sommes tous, prêtres et laïcs, responsables, de le porter à tous, non avec nos seules forces, mais mus par l’Esprit-Saint car c’est Lui qui rend toute chose nouvelle, mais ne cessant d’invoquer la Vierge Marie, « étoile de la Nouvelle évangélisation ».
La tâche n'est pas facile car le terrain de l'homme contemporain est souvent fermé et prêt au refus. Mais les nouveaux évangélisateurs ne se laisseront pas décourager par l'indifférence, l'incompréhension et les persécutions, parce qu'ils savent que leur efficacité, ne dépendra pas des moyens mis en œuvre, mais de ce que le Pape appelle l'humble puissance de la Parole de Dieu qui laisse Dieu agir.
Pourquoi cette initiative maintenant : l'Église catholique continue sa croissance démographique mondiale (+1,3% entre 2008 et 2009, d'après les derniers chiffres à Rome), mais perd de l'influence partout sauf en Asie. Même au Brésil, qui représentait le « futur de l'Église catholique » à la fin des années 1970, traverse une mutation sur le plan religieux.
De plus à l'intérieur de l'Église, le Pape entend changer l'attitude d'abandon de tout signe ostentatoire, de toute mission d'évangélisation dans les pays de traditions chrétiennes, qui était devenue véritable effacement.
Il est devenu nécessaire de renouveler les générations : ceux qui se sont fortement investis (notamment au sein du renouveau charismatique) dans la «nouvelle évangélisation» lancée par Jean-Paul II ont réveillé l'Église, mais se renouvellent mal aujourd'hui.
Ainsi est lancé le mouvement
« De nouveaux évangélisateurs pour la Nouvelle évangélisation »
et pour devise, cette parole des Actes des Apôtres :
« La Parole de Dieu croît et se répand » (Ac 12, 24).