En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Nouvelle évangelisation: Qu'est ce à dire? 2ème partie La nouveauté de l'Evangile

Publié le Jeudi 1er mars 2012

Nouvelle évangelisation: Qu'est ce à dire? 2ème partie La nouveauté de l'Evangile

                       NOUVELLE EVANGELISATION, QU’EST-CE A DIRE ?


                                        La nouveauté de l’évangile


 
Le fondement d’une nouvelle évangélisation, c’est la nouveauté même de l’évangile. cf 1

Dans le texte grec
euaggelion, l’évangile est la bonne nouvelle, annonce du salut apporté au monde par Jésus qui donne aux disciples l’esprit pour le prêcher.

« Evangile » est toujours au singulier, mais vont apparaître des sources et des choix divers. Au IIème s. les auteurs des évangiles reconnus sont Matthieu, Marc avec Luc et Jean, « évangiles canoniques ». On appellera alors « évangiles apocryphes » (du grec, « caché », « tenu secret »), les apocryphes du premier Testament (par exemple les
Douze patriarches) et du nouveau Testament (l’Evangile de Pierre).
 
Nous voyons donc dès le départ, une diversité des mises en forme de l’ « évangile », unique en tant que bonne nouvelle. Il sera légitime pour les chrétiens de privilégier tel ou tel document évangélique. Les exégètes nous ont appris également à bien distinguer tel ou tel groupe à l’intérieur de l’évangile (« évangile de l’enfance » chez Matthieu et Luc mais absent chez Marc et Jean) avec des insistances qui vont devenir propres à certains auditeurs ou lecteurs chrétiens (l’Apocalypse). Nous touchons là à ce qui fera non seulement les prédications privilégiées de telle facette de l’évangile, bonne nouvelle globale. On a pu dire que les mystiques chrétiens étaient plus marqués par leur lecture de l’Apocalypse ou les récits de guérison. Il y a bien là source de renouvellement, de « nouveauté » de la transmission de l’ « évangile ». On peut souligner en effet la seule mention par la première épître de Pierre de la « descente aux enfers » de Jésus (1 P 3,19). Pour Pierre, ou plutôt, dans le texte de 1 P 3.19, Jésus après sa mort, va « prêcher aux esprits en prison ». Le Symbole des Apôtres, puis celui de Nicée - Constantinople vont donner place à cette étape de l’évangélisation qui sera ensuite splendidement orchestrée par les icônes orientales : Jésus vivant, « descendant » d’en haut, pour prendre par la main Adam, Eve et toutes les figures du premier Testament, femmes et hommes, pour les entraîner au paradis.

 
Parallèlement Paul semble avoir échoué dans l’annonce du « relèvement » de Jésus d’entre les morts. Il avait choisi pourtant une démarche progressive, pédagogique à partir du « dieu inconnu » des inscriptions archéologiques d’Athènes (Actes 7, 16-24)). L’évangélisation doit tenir compte en effet de la quête des recherches religieuses humaines, mais sans renoncer au capital religieux juif et bientôt judéo-chrétien.

Il ne peut y avoir de saine évangélisation sans interruption critique, complexe, « biface » de ce qui est reçu des deux Testaments et de ce qui est recherché dans toute quête religieuse datée, localisée, partielle et provisoire.
 


 L e temps de l’évangélisation, arc en ciel de la foi

Le temps de l’évangélisation est en effet celui de ce que le grec appelle
krisis  qu’il faut traduire non par « crise », mais par « tension », telle celle d’un arc. Arc lumineux qui jaillit entre deux pôles parcourus par un courant qui est feu, étincelle, lumière jusqu’à l’éclair. Tel est l’arc en ciel de la foi qui permet de parler de dialogue inter religieux, mais, avant tout, de source de toute évangélisation. Celle-ci sera donc, d’elle-même, toujours nouvelle. A condition toutefois de ne pas être figée et fixée, une fois pour toutes, selon une formulation définitive. La nouvelle évangélisation, c’est l’évangile toujours rendu à sa nouveauté. La bonne nouvelle de l’évangile ne saurait être enfermée dans des formulations doctrinales toujours provisoires.
 
Ce n’est qu’en 1622 que le pape Grégoire XV a fondé la « Congrégation pour la propagation de la foi » (Congregatio de propaganda fide ). Sans doute peut-il paraître pratique de présenter l’évangile comme un objet de marketing bien ficelé et facilement « vendable », quitte à en modifier le paquetage selon les modes et les cultures. Mais l’évangile toujours nouveau n’est pas un produit à la présentation publicitaire attrayante. Ce qu’il faut plutôt, c’est toujours découvrir et délivrer la fulgurance nouvelle de l’évangile. Qui est le feu de l’Esprit de Jésus, toujours brûlant?

 N’étouffons pas le volcan de l’évangile dans des formulations doctrinales qui risqueront toujours de le dater jusqu’à le défigurer.

1/Dans le Nouveau Testament (« nouveau » par rapport à l’Ancien, de la Genèse au livre de Malachie).
 
 
P. Jacquemont. CETAD. 14.02.12

Posez-nous votre question

Articles récents

Opposons à la haine l’exigence de concorde
Opposons à la haine l’exigence de concorde
Publié le Mercredi 18 octobre 2023
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, 18 – 25 janvier 2023
Bonne Année
Bonne Année
Publié le Dimanche 1er janvier 2023
L'Ukraine
L'Ukraine
Publié le Mardi 8 mars 2022
Tous les articles
cours en ligne

Pour aller plus loin, participez à nos cours en ligne

Voir les cours

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2026 - Tous droits réservés