En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Vendredi 20 septembre 2013
« Ouvrez les portes de la foi ». Durant un an, la proclamation d’une année de la foi a été reprise inlassablement, tous les médias déployés de Rome jusqu’aux cinq continents, faisant suite à l’année de la nouvelle évangélisation. Les portes étaient-elles fermées pour qu’il soit proposé de les ouvrir? Va-t-on faire comme pour la clôture des années saintes, dresser un mur à la porte de la Basilique romaine pour bien marquer que le temps des indulgences est terminé, comme cela est fixé pour le temps des soldes? Mais de quoi s’agissait-il vraiment en invitant aux portes ouvertes de la foi?
Ouvrir les portes de la foi, c’est d’abord faire découvrir le trésor de l’Evangile à toutes et tous aujourd’hui. Car la bonne nouvelle de l’Evangile pouvait avoir été enfermée par l’Eglise elle-même. Il était donc nécessaire de redécouvrir un Evangile qui pouvait avoir été enterré, comme en Amérique latine où il était jugé subversif par les pouvoirs politiques du Chili et de l’Argentine.
Ouvrir les portes c’était donc libérer la force de l’Evangile. Ce qui n’était pas depuis toujours, avec la condamnation romaine de la théologie de la libération.
Ainsi François, l’évêque de Rome, demande de rouvrir le procès de canonisation d’Oscar Roméro, l’archevêque de San Salvador assassiné alors qu’il célébrait l’eucharistie. Ouverture encore avec le même François interviewé dans l’avion qui le ramenait des J.M.J. de Rio de Janeiro pour ce qui est de l’homosexualité : « Si une personne est gay et cherche le Seigneur avec bonne volonté, qui suis-je pour la juger ? ». On doit distinguer le lobby homosexuel, des personnes. Pour ce qui est des personnes divorcées-remariées la porte n’est qu’entre ouverte avec la mise au travail d’une pastorale du mariage sous l’impulsion du groupe de huit cardinaux constitué un mois après son élection.
Il reste cependant des portes fermées. S’agissant de l’ordination des femmes au ministère presbytéral, François a rappelé que « la porte a été fermée par Jean-Paul II », dans le même interview aéronautique. Pour regretter « qu’il manque une théologie de la femme »: « Une Eglise sans femmes serait comme un collège apostolique sans Marie ». L’Eglise est féminine, mère, et la femme ce n’est pas seulement la maternité, la mère de famille.
Mais au moment où en France la recherche sur l’embryon est désormais autorisée, on peut s’attendre à la reprise des réactions négatives notamment de la Fondation Jérôme Lejeune. « Je crains qu’à l’avenir, tout l’argent public et privé soit réservé à cette recherche sur l’embryon et que la France se détourne des solutions de recherche alternatives très prometteuses notamment via les I.P.S. (cellules adultes reprogrammées)». Dans les discours sur la fin de vie peut-on attendre des ouvertures comme celles de la loi Léonetti et de son amendement donnant place à la sédation dans les cas extrêmes?
Peut-on en rester à ces analyses alternatives des prises de position de l’autorité romaine? Que signifie la référence évangélique à la porte étroite chez Luc (13,22-28) et Matthieu (7,13-14); « Luttez pour entrer par la porte étroite ». « Entrez par la porte étroite »? Ne nous laissons pas satisfaire par les trouvailles des archéologues découvrant une porte très étroite dans les remparts de Jérusalem, la « porte de l’aiguille et du chameau ». La parole de Jésus n’est pas une indication de guides pour touristes. Il s’agit de la porte pour le pèlerin. Ce n’est pas tant la porte qui est étroite que le pèlerin qui est trop chargé pour réussir à passer. Pensez aux passages automatiques de la Gare de Lyon lors des départs pour la neige. Les portes se bloquent parce que le vacancier de la neige est trop encombré avec skis et sacs à dos. Ce n’est pas aux portes qu’il faut s’en prendre mais au passager qui doit s’alléger, vider un sac trop lourd, trop plein. Nous voilà invités plus profondément que pour un départ en vacances, à une conversion qui accepte le dépouillement. Alors le portillon laisse passer qui veut entrer dans le Royaume. Ce n’est pas la porte qu’il faut mesurer mais notre poids, trop lourd de ce qui paralyse notre vie. Régime de rigueur pour les candidats au Royaume. Pour les pèlerins convertis, la porte laisse le passage.
Patrick Jacquemont, CETAD, Samoëns, Transfiguration 2013
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