En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Vendredi 4 octobre 2013
« Dossier de la Cour d’Appel de Caen, mai 2013 », Stanislas Lalanne et Association diocésain de Coutances c/ René Lebouvier. Motif : René Lebouvier, membre de la Libre-Pensée demande de voir son baptême rayé des registres paroissiaux.
Déjà les questions juridiques et théologiques sont présentes aux premiers siècles de l’Eglise. Ainsi le débat illustré par Augustin, évêque d’Hippone (354-430) contre les donatistes (disciples de Donat) pour qui la validité du sacrement dépendrait de la sainteté du ministre du baptême. Nouvelle question sur le baptême avec les Réformés au XVIéme s. Les partisans de Thomas Munzer refusent le baptême des petits enfants et demandent un nouveau baptême à l’âge adulte (anabaptisme).
Les remises en question du baptême sont toujours actuelles mais de façon nouvelle.
L es baptêmes sont inscrits dans des registres ecclésiaux qui tenaient lieu d’état-civil avant la Révolution française. Ces registres demeurent aujourd’hui (en deux exemplaires si l’un d’entre eux venait à être détruit) remis au diocèse chaque année. Leur importance n’est pas seulement administrative. Ils témoignent de l’inscription dans la communauté chrétienne locale avec les signatures des parents, parrain et marraine et du ministre de l’Eglise locale ou délégué par lui (Session CETAD : « Initiation sacramentelle et vie des baptisés »).
La demande de René Lebouvier permet de mettre à jour une ignorance de ce qu’est le baptême en théologie chrétienne. Le baptême est bien une célébration publique puisqu’on peut y assister lorsqu’on entre dans une église la nuit de Pâques. Ce qui est vrai également du mariage qui ne peut être célébré dans un lieu clos sans porte ouverte sur l’extérieur. Mais il n’est pas possible d’effacer la trace d’un baptême du registre ecclésial du fait que le baptême irait à l’encontre des convictions actuelles du baptisé. En effet la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) a considéré que les registres du culte étaient compatibles avec la loi Informatique et Libertés. Le procès ne peut être jugé comme un procès civil selon les seules règles civiles. La Cour d’Appel ne peut statuer. Au maximum, l’évêque de Coutances avait accepté de porter sur les registres que le plaignant avait « renié son baptême » (2001). Il n’est pas question pour autant d’effacer toute mention du baptême (2003).
Pourquoi parler de ce que serait l’indissolubilité du sacrement du baptême ?
D ans le cas des adultes qui demandent le baptême, le langage habituel trop souvent est trompeur : « Je vais me faire baptiser ». La demande est celle d’une conversion personnelle et la communauté ecclésiale va l’accompagner (catéchuménat), la signifier (signe d’eau qu’une parole accompagne) et la publier (confession de foi). L’ensemble de la démarche est scellé par l’Esprit Saint qui est le véritable « acteur » du baptême, le « maître » du sacrement.
La conversion personnelle peut être reniée, tels les reniements de Pierre (Jn 18, 18.25.27). Mais la confession de foi est liée à la confession de foi de l’Eglise qui la porte et l’anime avec l’Esprit Saint. S’il y a apostasie (le fait de renier sa foi), notamment comme au temps des martyrs, ce sera la réconciliation qui permettra un retour de l’apostat dans la communauté ecclésiale (Tertullien III 3). Mais il n’y aura pas un nouveau baptême pour ce nouvel accueil. C’est la grâce du baptême initial qui sera « réveillée », « relevée ». De même qu’il n’est pas question de re-baptiser, il ne saurait être question de dé-baptiser.
Patrick JACQUEMONT, CETAD, octobre 2013.
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