En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

Le nom de Dieu est miséricorde

Publié le Jeudi 28 janvier 2016

Le nom de Dieu est miséricorde

"Son nom est miséricorde"

Dieu miséricordieux dans l'Ancien Testament,
un thème de réflexion pour le Carême

Dans un passage célèbre du livre de l'Exode, Dieu se révèle à Moïse sur la montagne du Sinaï.

Moïse est monté vers Dieu, pour recevoir à nouveau les tables de la Loi.
Dieu a pardonné au peuple qui l'avait abandonné pour adorer une idole en or, et il accepte de renouveler l'Alliance qui le lie aux hommes infidèles.
Dieu se présente alors lui-même en des termes stupéfiants : "Le Seigneur passa devant Moïse et proclama : "Le Seigneur, le Seigneur, Dieu miséricordieux et bienveillant, lent à la colère, plein de fidélité et de loyauté" (Exode 34, 6).

 

Dieu miséricordieux"1.

En hébreu, ce premier mot, dans son acception la plus concrète, désigne la matrice, les organes féminins de la gestation.
C’est ce mot qui sert à dire l’incroyable tendresse maternelle de Dieu pour son peuple. Un Dieu maternel ? Qui ose l'imaginer ?

Or, loin d'être isolée, l'image du Dieu mère se retrouve à plusieurs reprises dans l'Ancien Testament.

Dieu met au monde, Dieu nourrit, chérit, fait grandir...
Ainsi dans le cantique de Moïse en Deutéronome 32, 18, le reproche adressé au peuple : "le Rocher qui t'a conçu, tu l'as négligé, tu as oublié le Dieu qui t'a mis au monde".

On trouve des échos dans les Psaumes, mais surtout dans les textes prophétiques.
Isaïe recourt à plusieurs reprises à des images d'enfantement : "Une femme oublie-t-elle son nourrisson ? de chérir le fils de son ventre ? Même si celles-là t'oubliaient, moi je ne t'oublierai pas. Voici que je t'ai gravé sur mes paumes.." (Isaïe 49, 15) !

Le monde grec est moins facilement porté vers ces images féminines, et la traduction en grec de l'Ancien Testament va opérer un déplacement, en traduisant l'image maternelle de la "matrice"- "miséricorde" divine par une autre image, celle des "entrailles"
Dieu est pris aux entrailles par la misère de son peuple, il est violemment ému, bouleversé. 

Dans le Nouveau Testament, Jésus sera de là même façon pris aux entrailles devant des handicapés, des lépreux, des aveugles, exclus de la vie religieuse et sociale ; on le voit bouleversé devant la souffrance d’une veuve qui va enterrer son fils unique. C'est la miséricorde et la compassion même de Dieu qu'il ressent et manifeste en face de la souffrance physique et morale, la solitude et l’état d’abandon de certains êtres humains.

On découvre aujourd’hui à quel point la pensée chrétienne a été oublieuse de ce vocabulaire et de ces images.
La miséricorde ne faisait pas partie des attributs de Dieu. On a gommé pendant des siècles un caractère trop humain, qui scandalisait la conception philosophique de l'Etre.
Dieu se devait d'être immuable, parfait, incapable d'être atteint par des émotions et passions qui altéreraient sa perfection.

Aujourd'hui, heureusement, à la suite de bien des penseurs et pasteurs chrétiens, le pape François remet à l'honneur la tendresse et la miséricorde. de Dieu.
Il va plus loin : il renoue avec l'Ecriture, et nous invite à redécouvrir que la miséricorde est constitutive de l’être même de Dieu" : "Son nom est miséricorde".  

Dieu est miséricorde, bienveillance, amour paternel et maternel, de toujours à toujours. Et l'Ancien Testament, annonçant bien avant Jésus cette révélation inouïe, nous offre des expressions magnifiques de la tendresse maternelle et de la passion amoureuse de Dieu pour son peuple, et pour l'humanité fragile et tellement inconstante qu'il a voulue et créée.

N'oublions pas que, à son tour, toute la tradition musulmane appelle Dieu "le Miséricordieux, le Clément". Ainsi s'ouvre le Coran :

"Au nom de Dieu, qui fait miséricorde, le miséricordieux,

Louange à Dieu, Seigneur des mondes, celui qui fait miséricorde, le miséricordieux, le Roi du jour du jugement.

C'est toi que nous adorons, c'est toi dont nous implorons le secours... " (Sourate 1, la Fatiha).


*****


Nous vous proposons durant ce temps du Carême, de parcourir l'Ancien Testament en contemplant ensemble quelques grandes expressions ou figures de la miséricorde de Dieu.

Nous nous préparons ainsi à rencontrer la miséricorde ultime de Dieu dans son Fils Jésus qui meurt dans l'amour et le pardon accordé à tous.

 

 

 

 

1 Ex 34, 6 ; voir Ps 103, 8 ;145, 8

 

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