En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Samedi 3 septembre 2016
Chers jeunes,
Ces jours-ci la Pologne est en fête ; ces jours-ci la Pologne veut être le visage toujours jeune de la Miséricorde.
De cette terre, avec vous et aussi en s’unissant à de nombreux jeunes qui aujourd’hui ne peuvent pas être ici, mais qui nous accompagnent à travers les divers moyens de communication, tous ensemble nous ferons de ces journées une vraie fête jubilaire à l’occasion du Jubilé de la Miséricorde.
Au cours des années passées en tant qu’évêque, j’ai appris une chose – en fait j’ai appris beaucoup de choses, mais je ne parlerai que d’une seule – il n’y a rien de plus beau que de contempler les désirs, l’engagement, la passion et l’énergie avec lesquels de nombreux jeunes affrontent la vie. C’est beau. C’est une source de beauté. Lorsque Jésus touche le cœur d’un jeune, d’une jeune, ceux-ci sont capables d’actions vraiment grandioses. Il est stimulant de les écouter partager leurs rêves, leurs interrogations et leur désir de s’opposer à tous ceux qui disent que les choses ne peuvent pas changer. Je les appelle « quiétistes ». Ce sont ceux qui ne veulent rien changer. Et les jeunes ont la force de s’opposer à eux. Mais certains n’en sont pas sûrs. Je vous le demande. Répondez.
Est-ce que l’on peut changer quelque chose dans la vie ? C’est un don du ciel de pouvoir voir beaucoup d’entre vous qui, avec vos interrogations, cherchent à faire en sorte que les choses soient différentes. Il est beau, et cela me réconforte, de vous voir si enthousiastes.
L’Église aujourd’hui vous regarde et j’aimerais ajouter : le monde Vous regarde et veut apprendre de vous, pour renouveler sa confiance dans la Miséricorde du Père qui a le visage toujours jeune et ne cesse pas de nous inviter à faire partie de son Royaume. Le royaume de la joie, du bonheur, un royaume qui pousse la vie en avant, qui nous donne la force de changer notre vie. J’ai oublié de vous poser une question : est-ce qu’on peut changer de vie ?
Un cœur miséricordieux
Connaissant la passion que vous mettez dans la mission, j’ose répéter : la miséricorde a toujours le visage jeune.
Car un cœur miséricordieux a le courage d’abandonner le confort ; un cœur miséricordieux sait aller à la rencontre des autres, il parvient à embrasser tout le monde. Un coeur miséricordieux sait être un refuge pour celui qui n’a jamais eu une maison ou l’a perdue, il sait créer une atmosphère de maison et de famille pour celui qui a dû migrer, il est capable de tendresse et de compassion.
Un cœur miséricordieux sait partager le pain avec celui qui a faim, un cœur miséricordieux s’ouvre pour recevoir le réfugié et le migrant. Dire miséricorde avec vous, c’est dire opportunité, c’est dire demain, engagement, confiance, ouverture, hospitalité, compassion, rêves. Savez-vous rêver ?
Lorsque le cœur est ouvert, il sait rêver. Il a alors de la place pour la miséricorde. Il y a de la place pour embrasser les souffrants, pour être à côté de ceux qui n’ont pas de paix dans leur cœur, qui n’ont pas de moyens pour vivre, qui manquent de ce qui est beau. De la foi. Disons tous ensemble : miséricorde. Tous, encore une fois. Pour que le monde entende.
[..]
Une vie pleine, l'aventure de la misérocorde
Et celui qui accueille Jésus, apprend à aimer comme Jésus. Alors, il nous demande si vous voulons une vie pleine : Veux-tu une vie pleine ? Commence par te laisser émouvoir !
Car le bonheur germe et s’épanouit dans la miséricorde : voilà sa réponse, voilà son invitation, son défi, son aventure : la miséricorde. La miséricorde a toujours un visage jeune ; comme celui de Marie de Béthanie, assise aux pieds de Jésus comme disciple, qui aime l’écouter parce qu’elle sait que la paix se trouve là.
Comme le visage de Marie de Nazareth, lancée avec son ‘‘oui’’ dans l’aventure de la miséricorde, et qui sera dite bienheureuse par toutes les générations, appelée par nous tous ‘‘la Mère de la Miséricorde’’.
Clamons tous : Marie, Mère de la Miséricorde ! Tous ! Marie, Mère de la Miséricorde ! Alors, tous ensemble, demandons à présent au Seigneur, que chacun répète cette question en silence dans son cœur : lance-nous dans l’aventure de la miséricorde ! Lance-nous dans l’aventure de construire des ponts et d’abattre les murs (de séparation et de réseaux) ; lance-nous dans l’aventure de secourir le pauvre, qui se sent seul et abandonné, qui ne trouve plus un sens à sa vie. Lance-nous pour que nous menions vers toi ceux qui ne te connaissent pas, pour que nous puissions leur dire avec respect Ton nom et pourquoi nous croyons. Pousse-nous, comme Marie de Béthanie, à l’écoute de ceux que nous ne comprenons pas, de ceux qui viennent d’autres cultures, d’autres peuples, également de ceux que nous craignons parce que nous croyons qu’ils peuvent nous faire du mal.
Fais que nous tournions le regard, comme Marie de Nazareth avec Elisabeth, vers les personnes âgées pour apprendre de leur sagesse. Je vous demande : est-ce que vous parlez avec vos grands – parents ? Cherchez à entrer en contact avec vos grands- parents. Ils possèdent la sagesse de la vie. Et ils vous diront des choses qui toucheront votre coeur. Nous voici, Seigneur !
Envoie-nous partager ton Amour miséricordieux.
Nous voulons t’accueillir durant ces Journées Mondiales de la Jeunesse, nous voulons affirmer que notre vie est pleine lorsqu’elle est vécue à partir de la miséricorde, que la miséricorde est la meilleure part, et que jamais elle ne nous sera enlevée.
Pape François, Cracovie, 28 juillet 2016