En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Mardi 20 décembre 2016
Pour cette fin d’année le Cetad propose par sa carte de vœux de revenir sur ce que nous vivons ces temps ci, les migrations et les difficultés qu’elles apportent a chacun.
Après leur départ, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte. Reste là-bas jusqu’à ce que je t’avertisse, car Hérode va rechercher l’enfant pour le faire périr. »
Joseph se leva ; dans la nuit, il prit l’enfant et sa mère, et se retira en Égypte,
où il resta jusqu’à la mort d’Hérode, pour que soit accomplie la parole du Seigneur prononcée par le prophète : D’Égypte, j’ai appelé mon fils.
Après la mort d’Hérode, voici que l’ange du Seigneur apparaît en songe à Joseph en Égypte
et lui dit : « Lève-toi ; prends l’enfant et sa mère, et pars pour le pays d’Israël, car ils sont morts, ceux qui en voulaient à la vie de l’enfant. »
Joseph se leva, prit l’enfant et sa mère, et il entra dans le pays d’Israël.
Mt 2, 13-23
Dans l’antiquité l’Egypte était le lieu traditionnel de refuge pour quiconque devait fuir la Palestine. Dans son évangile, Matthieu applique cette situation à Jésus.
Mais de façon paradoxale, la figure évoquée est celle de Moïse et du peuple d'Israël exilé, pour lesquels l'Egypte était devenue le lieu de l'oppression et de la servitude, qu'il fallait fuir (Exode 2, 15).
Comme Pharaon cherchait à faire périr Moïse et tous les premiers-nés d'Israël (Ex 2,15), de même Hérode recherche l’enfant pour le faire périr.
Une sorte d'échange se dessine : c'est maintenant l'Egypte qui protègera Jésus enfant. Et ce sont les puissants du pays d'Israël qui le poursuivent et finiront par le mettre à mort.
Mais dans les deux cas, un chemin de libération s'ouvre à partir de l'Egypte, un exode.
Jésus devient solidaire de son peuple, assumant l’histoire de ses épreuves, et accomplissant en sa personne ce que le prophète Osée affirmait pour Israël : « Oui, j’ai aimé Israël dès son enfance, et, pour le faire sortir d’Égypte, j’ai appelé mon fils. » (Os 11,1).
L’enfant Jésus, c’est l’enfant Israël, il résume en sa personne la vocation et le destin du Peuple élu avant que la suite de l’Evangile ne révèle qu’il est le Fils, plus encore que ce peuple opprimé dont Dieu disait à Pharaon « Mon fils premier-né, c’est Israël. Je te dis : Laisse partir mon fils pour qu’il me serve » (Ex 4,23) !
En même temps, l'Egypte devient terre d'asile, et le pays juif lieu où Jésus sera persécuté et mourra. A nouveau s'accomplit l'oracle d'Isaïe : « Ce jour là, une chaussée ira d'Egypte en Assyrie... et Israël viendra troisième avec l'Egypte et l'Assyrie. Telle sera la bénédicxtion que, dans le pays prononcera le Seigneur de l'univers : « Bénis soient l'Egypte, mon peuple, l'Assyrie, œuvre de mes mains, et Israël mon patrimoine » (Is 19, 23-24).
Tout pays peut devenir terre d'oppression, comme tout pays peut devenir terre d'accueil !
Rappelons l’article « immigré, migrant, l’étranger» paru le 5 octobre dernier, faisant le point sur la situation de l’homme déraciné et précisant les questions de définitions, sujets travaillés au colloque de l’ATEM, association de théologiens pour l’étude de la morale. (cetad.cef.fr/actualite/457-immigre-migrant-l-etranger)
Très belle fête de la Nativité à tous.