En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France
Publié le Jeudi 4 avril 2019
Tekkamaki ( 1963), Pardonne-leur, 2009
Vladimir Jankelevitch, Jacques Derrida, relus par Patrick Jacquemont
Il est des situations, des actualités qui invitent à parler du pardon.
Après le camps de la mort, au cœur du procès, dans des vies très quotidiennes.
Mais ne parlons pas trop vite, trop facilement du pardon, au risque de banaliser et le mot, et l'expérience qui l'appelle. Avec l'enfant, n'abusons pas de l'invitation au pardon pour des broutilles, des bagarres, des bourdes.
Le pardon est une affaire qui pèse lourd, « double poids ». Car il ne faut pas dissocier pardon et don.
Il y a une inconditionnalité du pardon et du don.
Pas de don sans pardon, pas de pardon sans don. Avant le don, il y a le pardon. Mais l'un et l'autre ne reviennent pas au même, surtout pas, insiste Jacques Derrida : « le pardon reste une expérience irréductible à celle du don ».
Pour Vladimir Jankelevitch, « le pardon est mort dans les camps de la mort ».
Jacques Derrida répond (bien sûr, ce n'est pas une riposte) : « Nous nous demandons si le pardon ne commence pas là où il paraît finir, là où il paraît impossible, justement à la fin de l'histoire du pardon, de l'histoire comme histoire du pardon ».
Ce qui permet d'avancer encore :
« Il n'y a de pardon que de l'impardonnable.
Le pardon comme l'impossible vérité de l'impossible don.
Avant le don, le pardon... ».
Patrick Jacquemont, o.p.
Quelques livres :
Vladimir Jankelevitch, Le pardon Champs Essais, Flammarion, 2019.
Jacques Derrida, Paronner. L'impardonnable et l'imprescriptible, Cahier de l'Herne, 2004, p. 541-560.
Patrick Jacquemont, Le pardon, in P. Jacquemont, J.-P. Jossua, B. Quelquejeu, Une foi exposée, Cerf, 1973, p. 108-116.