En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

L'oeuvre d'orient et les églises "orientales orthodoxes"

Publié le Jeudi 18 mai 2006

Du 15 au 24 mai 2006, l’Oeuvre d’Orient fête son 150ème anniversaire.
« L’Œuvre d’Orient a été créée en 1856 à l’initiative d’un groupe de laïcs, afin de venir en aide aux enfants du Liban suite au massacre des chrétiens maronites par les Druzes et à la disparition de l’empire ottoman. Appelée à l’origine "Œuvre des Ecoles d’Orient", elle est reconnue Œuvre d’Eglise en 1858 par le Pape Pie IX. Son action s’élargit rapidement à l’ensemble du Proche-Orient. L’association, régie par la loi de 1901, prend alors le nom d’"Œuvre d’Orient". Aujourd’hui, elle est placée sous la protection de l’Archevêque de Paris. Soutenue par plus de 100 000 donateurs attachés à l’Histoire et à la vie des Eglises d’orient, cette association assure par ses contacts permanents dans la région et ses soutiens financiers, le maintien dans leur pays des chrétiens d’orient.»

Pour ce 150ème anniversaire de l’œuvre d’Orient des manifestations sont prévues tant à Paris, (où un colloque a lieu le 19 mai 2006) que dans un certain nombre de diocèses où des célébrations sont prévues, en général le dimanche 21 mai.

Le site « www. œuvre-orient.fr » donne le programme de ces manifestations ainsi qu’un certain nombre de renseignements sur ces Eglises chrétiennes d’Orient, trop méconnues et dont les membres sont souvent persécutées (c’est par exemple aujourd’hui, le cas des coptes d’Egypte) , ou contraints à émigrer du fait de l’insécurité, comme, par exemple les chaldéens, dont beaucoup ont dû quitter l’Irak. De façon générale, confrontés aux difficultés du Moyen Orient, un certain nombre de chrétiens ont émigré en Europe, aux Etats-Unis, etc. D’où à côté de ceux qui, malgré les difficultés ou les persécutions restent dans leur pays, une émigration de ces chrétiens vers des pays d’accueil, et donc l’existence d’une véritable « diaspora » de ces Eglises d’Orient, à travers le monde.

Quelles sont ces Eglises ?
Dans tout le Moyen –Orient, et également en Inde existent des communautés chrétiennes, très anciennes, qui ont gardé leurs rites et leur traditions. Pour des raisons religieuses, auxquelles se sont souvent mêlées des raisons politiques, ces anciennes Eglises n’ont pas accepté à l’époque les formulations dogmatiques des conciles d’Ephèse (431) et surtout de Chalcédoine (451) : elles forment des Eglises autonomes qui se distinguent notamment par leurs rites, souvent très anciens (Alexandrin, antiochien, chaldéen, arménien) et par leur langue.

Ces Eglises qui se désignent souvent elles-mêmes comme « orientales orthodoxes » doivent être soigneusement distinguées des Eglises dites « orthodoxes » (ayant accepté la doctrine de Chalcédoine), qui se trouvent elles, principalement en Russie, Roumanie, Serbie, Bulgarie, Georgie etc et dont certaines comme celles de Grèce ou de Chypre ont un caractère nationale, d’Eglise « autocéphale».

Les principales « Eglises orientales » (non-chalcédoniennes) sont les suivantes :
- l'Eglise copte (Egypte, environ 6 Millions )
- l'Eglise éthiopienne (environ 9 Millions)
- l'Eglise syrienne , syriaque (jacobites)
- l'Eglise malankare syrienne (Inde)
- l'Eglise arménienne, dite grégorienne (8M, Russie, Proche orient et dispersion -USA, etc)
Les Eglises nestoriennes, encore si nombreuses au Moyen Age (Proche Orient, Inde, Tibet, Chine) ont pratiquement disparu. On leur rattache l'Eglise assyrienne de l'Orient de rite chaldéen.
Rappelons enfin qu'il existe, notamment au Moyen Orient (et en Russie) des Eglises catholiques latines ... ce qui crée souvent des situations locales conflictuelles (multiplicité d'évêques sur un même territoire !).

Les Eglises catholiques orientales (rattachées à Rome)
De la fin du moyen Age au XVIIIème siècle, dans la plupart de ces Eglises orientales, des communautés se sont détachées de leur Eglise pour se rattacher à Rome, souvent pour des raisons politiques. C'est ainsi qu'il existe des catholiques coptes (220 000), armèniens, grecs (melkites 1,3M), syriaques (0,15 M), chaldéens (1M), malabares (3M). Parfois soumises à une certaine latinisation, ces diverses Eglises, qui ont souvent beaucoup souffert au long de l’histoire, ont néanmoins, à l'intérieur de l'Eglise catholique, à peu près conservé leurs rites, leur organisation, leur langue.
Il faut mettre à part, l'Eglise maronite (4M, Liban et diaspora) - du nom de saint Maroun (Vème siècle) -, Eglise constituée au VIIIème siècle et qui a toujours été unie à Rome.

Le concile Vatican II a reconnu la grande valeur de ces différentes Eglises d’Orient et leur a consacré deux textes différents :

- Le décret sur les Eglises orientales catholiques (Orientalium ecclesiarum), rattachées à Rome. Dans son préambule, ce décret rappelle qu’ à cause « de l’ancienneté vénérable dont ces Eglises s’honorent, resplendit en elles la tradition qui vient des apôtres par les Pères et qui fait partie du patrimoine indivis de toute l’Eglise et révélé par Dieu ». L’existence de ces Eglises orientales à l’intérieur de la communion de l’Eglise catholique est importante. Elle souligne qu’à l’intérieur de la même communion de foi et de vie, une certaine diversité (de rites, de discipline interne) est non seulement possible mais souhaitable : l’unité n’est pas l’uniformité ! Cette unité dans la diversité des Eglises orientales rattachées à Rome est reconnue au plan juridique puisque, suivant la recommandation du concile Vatican II, ces Eglise ont un droit canon qui leur est propre (promulgué en 1990) et dont certaines dispositions différent notoirement du droit canon pour les Eglises latines (promulgué en 1983, en remplacement du Code de 1917). Au plan oecuménique, l'existence d’Eglises orientales rattachées à Rome posent une difficulté supplémentaire.

- Le décret sur l’œcuménisme (Unitatis redintegratio), dont , en particulier la première partie du chapitre III (§ 14 à 18) concerne toutes les Eglises d’Orient aujourd’hui encore séparées de Rome. Mais le concile souligne qu’il « ne faut pas oublier que les Eglises d’Orient possèdent depuis leur origine un trésor auquel l’Eglise d’Occident a puisé beaucoup d’éléments de la liturgie, de la tradition spirituelle et du droit »(§ 14). Le concile estime que ces Eglises ont de « vrais sacrements » (§ 15) et insiste sur le fait qu’il « n’est pas du tout contraire à l’unité de l’Eglise qu’il y ait diversité de manières et de coutumes » (§ 16) et souligne que « la légitime diversité en matière de culte et de discipline doit s’appliquer aussi à la formulation théologique de la doctrine » (§ 17) dont les diverses formules (en Orient ou en Occident) d’approfondissement de la vérité révélée « doivent souvent être considérées comme plus complémentaires qu’opposées ».
Pour terminer, ne manquez pas de visiter le site de l’œuvre d’Orient :
« www. œuvre-orient.fr ».







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