En lien avec l'Institut Catholique de Paris et la Conférence des Évêques de France

La société des missions africaines célèbre son 150e anniversaire

Publié le Mercredi 14 juin 2006


La société des Missions Africaines (SMA) célèbre le 150 de sa naissance. La SMA est l’un des Instituts missionnaires fondés vers le milieu du 19e s pour répondre aux besoins de l’évangélisation de l’Afrique. Le 8 décembre 1856, son fondateur, Mgr Marion Brésillac, monte à Fourvière à Lyon, avec ses six premiers compagnons pour consacrer à Marie son désir et sa décision d’aller vers les Africains. Il part à Freetown au Sierra Leone, où il rejoint quatre confrères arrivés quelques mois plus tôt. Un mois plus tard ils sont tous emportés par une épidémie de fièvre jaune. A Lyon il ne reste plus que le père Planque, un autre prêtre et 5 séminaristes : ils seront les « continuateurs » de l’œuvre.

La SMA tente, avec les Africains et leurs Eglises, de répondre aux défis humains et spirituels qui se posent à l’Afrique d’aujourd’hui : l’annonce de l’Evangile, la pauvreté et l’injustice croissante, le métissage des cultures, le rôle des femmes, l’importance et la formation des laïcs dans l’Eglise, la mondialisation et ses conséquences.

La SMA comprend plus de 850 membres auxquels il faut ajouter 250 étudiants ayant fait leur premier engagement et une cinquantaine de laïcs associés. Ses membres viennent de différents pays d’Europe, des Etats unis, du Canada, des Indes , des Philippines, de nombreux pays d’Afrique, de l’Argentine. Tous travaillent à l’annonce de la Bonne Nouvelle. Et sont animés par le même désir « la mission, c’est aller à la rencontre des autres, dans l’Esprit d’amour qui précède toujours le missionnaire. Aller à la rencontre de l’autre pour le découvrir, pour partager avec lui, dialoguer fraternellement. »

La SMA a toujours privilégié la première évangélisation, de nombreux secteurs géographiques en sont toujours à la première annonce de l’évangile. Le missionnaire a toujours mis en valeur la culture des peuples chez qui il était reçu : étude des langues en rédigeant dictionnaires et grammaires, étude des coutumes et des pratiques religieuses locales pour mieux comprendre les mentalités. Et là aussi, à la suite de Vatican II, le missionnaire SMA travaille pour une rencontre et un dialogue entre les différentes religions. La catéchèse, la liturgie et la vie chrétienne prennent racine dans la culture locale. L’évangile devient peu à peu africain.

A l’occasion de cet anniversaire la SMA est heureuse de rassembler sa « famille », état d’esprit voulu par son fondateur, de célébrer autour de la richesse de sa vie missionnaire. Le Père André Moireau, responsable de la province de Lyon, travaille à la rédaction des biographies des confrères décédés, des « aventuriers de Dieu », temps d’action de grâces.

Il s’agit aussi de souligner qu’en ces temps difficiles pour la foi, ces temps de traversée du désert, la mission et l’ouverture à l’universel font partie de la nature même de l’Eglise, des années missionnaires ont été organisées .
L’Afrique a toujours été la raison d’être de la SMA : on en parle toujours comme d’un malade, mais il faut rappeler ses richesses : le sens de l’accueil et de l’hospitalité, l’amour de la vie, la capacité d’être heureux en dehors de l’abondance, le courage et l’humour dans les difficultés.

Notre époque est soucieuse du respect des personnes et des cultures, il faut s’en réjouir. La SMA est bien consciente que cela n’a pas toujours été le cas et il est facile de découvrir que l’histoire de la mission n’a pas toujours été une histoire sainte. Le missionnaire reste un homme de son temps. Répondant aux critiques d’aujourd’hui Jean Paul II disait dans l’encyclique Redemptoris Missio, que l’annonce de l’Evangile ne viole en rien la liberté de l’homme puisque la foi exige une libre adhésion : « la mission ne restreint pas la liberté, elle la favorise. L’Eglise propose, elle n’impose rien. Elle respecte les personnes et les cultures, et elle s’arrête devant l’autel de la conscience ».

On parle d’Afrique et pourtant aujourd’hui la France n’est-elle pas devenue terre de mission ? tout chrétien se doit d’être missionnaire dans son pays, son milieu, Vatican II a permis de redécouvrir cela ; de plus la présence en France de nombreux africains s’impose à la SMA et découvre qu’elle a une mission à vivre auprès d’eux et avec eux, au nom de son amour de l’Afrique. Certains missionnaires de la SMA se sont engagés dans cette direction.

Certes la SMA continue à travailler en Afrique, dans les Eglises locales qui sont nées de son travail missionnaire, mais qui sont devenues aujourd’hui autonomes, tout en s’engageant de manière privilégiée dans les lieux de première évangélisation. Beaucoup de jeunes se montrent prêts à partager la vie de la SMA en Afrique pendant un an ou deux, mais actuellement aucun jeune français ne se prépare à entrer dans l’Institut. Des étudiants (200) s’engagent , ils viennent des districts récemment fondés : d’Afrique, d’Inde, des Philippines et de Pologne. La SMA ne se sent pas menacée de disparition, elle assiste à un déplacement des forces vives vers les pays du Sud.

Deux manifestations principales sont prévues : les 24 et 25 juin à la basilique de Fourvière, veillée à la crypte et messe télévisée par le jours du seigneur avec le cardinal Barbarin. Et du 6 au 13 août, pèlerinage de jeunes de Carcassonne à Castelnaudary, lieu de naissance de Marion Brésillac fondateur de la SMA.

Posez-nous votre question

Articles récents

Opposons à la haine l’exigence de concorde
Opposons à la haine l’exigence de concorde
Publié le Mercredi 18 octobre 2023
Semaine de prière pour l'unité des chrétiens, 18 – 25 janvier 2023
Bonne Année
Bonne Année
Publié le Dimanche 1er janvier 2023
L'Ukraine
L'Ukraine
Publié le Mardi 8 mars 2022
Tous les articles
cours en ligne

Pour aller plus loin, participez à nos cours en ligne

Voir les cours

Retrouvez-nous sur les réseaux sociaux

© Cetad 2026 - Tous droits réservés